La Maison Tellier

par

Rosa la Rosse

Le nom de guerre de Rosa fait référence à lapremière déclinaison latine, que connaissaient tous les jeunes lycéens du tempsjadis, Rosa la rose. Physiquement, elle est « une petite boule dechair tout en ventre avec des jambes minuscules, souple comme un écureuilmalgré sa graisse et l’exiguïté de ses pattes ». Elle est dotée d’unheureux caractère, puisque « son rire, une cascade de cris aigus, éclataitsans cesse, de-ci, de-là, […] à propos de rien. » Maupassant dévoile unpeu plus encore le physique de Rosa dans la scène du wagon, quand lecommis-voyageur Porteballe la convainc de montrer à tous sa jambe, « unechose informe, toute ronde, sans cheville, un vrai boudin de jambe ».Elle correspond à un type de « fille » que l’on trouvait dans lesmaisons closes, la femme obèse, dont on retrouve la description ailleurs dansla littérature, comme dans Les Ritals de Cavanna. Ce physiquecorrespondait au goût du temps, quand le même Maupassant donnait vie à larondelette Boule-de-Suif, quand Zola allumait l’imagination de son lecteur avecNana, qualifiée de « blonde grasse ». Les rondeurs étaient synonymesde féminité. Cependant, le vocabulaire employé par Maupassant n’a rien deflatteur quand il décrit Rosa : ses jambes sont des « pattes »,quand ce ne sont pas des boudins, et elle a une souplesse d’écureuil. Laprostituée est ici abaissée vers l’animal, et, par extension, ceux qui sollicitentses services peuvent être soupçonnés de bestialité.

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