La Mare au Diable

par

Fonctionnement patriarcal

Le modèle de famille qui est dépeint dans ce roman est celui d’une famille traditionnelle de type patriarcal, avec un grand rôle décisionnel du chef de famille, ici le père Maurice, et une répartition des rôles hommes-femmes bien définis. Les femmes quant à elles ont un rôle plus discret, mais non moins important.

 

A. Rôle du chef de famille

 

Le chef de famille semble prendre une grande part dans l’arrangement des mariages. C’est le père Maurice qui vient parler à Germain pour le convaincre de se remarier, en évoquant toutes sortes de raisons auxquelles Germain ne peut qu’acquiescer. Il représente le côté raisonnable de cette famille, bien qu’il ne soit pas dépourvu de cœur. Il a par ailleurs tout arrangé à l’avance, car il sait que Germain acceptera sa demande : « Je te dis que tu l’aimeras : c’est un bon sujet, une femme de grand cœur ; je ne l’ai pas vue depuis longtemps, elle n’était pas laide fille alors ; mais elle n’est plus jeune, elle a trente-deux ans. Elle est d’une bonne famille, tous braves gens, et elle a bien pour huit ou dix mille francs de terres, qu’elle vendrait volontiers pour en acheter d’autres dans l’endroit où elle s’établirait ; car elle songe aussi à se remarier, et je sais que, si ton caractère lui convenait, elle ne trouverait pas ta position mauvaise ».

Le père Maurice est aussi celui qui doit donner son accord final pour le mariage de Germain et Marie. Même si la mère Maurice est d’accord, rien n’est pensable sans la bénédiction du patriarche : « Germain, dit la mère Maurice, vous allez me promettre de vous tenir tranquillement pendant toute une semaine, de ne point vous tourmenter, de manger, de dormir, et d’être gai comme autrefois. Moi, je parlerai à mon vieux, et si je le fais consentir, vous aurez alors le vrai sentiment de la fille à votre endroit ».

 

B. Rôle des femmes

 

Les femmes n’ont pas le même pouvoir de décision que les hommes dans ce roman. Elles ont cependant elles aussi un rôle important en amont des décisions, ce qui est bien illustré à la fin du roman par le personnage de la mère Maurice. Par ailleurs, elles ont la responsabilité d’élever les jeunes enfants, tâche qui paraît leur être réservée.

– Un rôle de confidente : Même si la décision finale d’accepter Marie dans la famille Maurice doit être acceptée par son mari, c’est la mère qui va au-devant de Germain pour lui tirer les vers du nez et qui arrange les choses auprès de son mari : « Eh bien, mon fils, il faut lui parler maintenant ; votre beau-père vous autorise à le faire. Allez, décidez-vous ! Je vous le dis, et, s’il le faut, je le veux ; car vous ne pouvez pas rester dans ce doute-là ». Elle représente le côté tout aussi raisonné mais plus affectif de la famille, et en tant que femme elle semble plus encline à se mettre à l’écoute des sentiments de l’autre et à exprimer les siens : « Allons ! Dit la mère Maurice, je vous laisse tranquille pour aujourd’hui, Germain ; peut-être que demain vous serez plus confiant avec moi, ou bien que votre belle-sœur sera plus adroite à vous questionner ». C’est donc le rôle des femmes que de s’occuper des affaires du cœur.

– Le rôle de mère : Ce sont les femmes qui s’occupent des jeunes enfants. C’est sans doute leur rôle le plus important, car c’est la raison principale qui pousse Germain à envisager de se remarier. Il a en effets trois enfants dont deux en bas âge : « C’est un sang vif comme toi : ça fera un bon ouvrier, mais ça fait un terrible enfant, et ma vieille ne court plus assez vite pour le rattraper quand il se sauve du côté de la fosse, ou quand il se jette sous les pieds des bêtes. Et puis, avec cet autre que ma bru va mettre au monde, son avant-dernier va retomber pendant un an au moins sur les bras de ma femme ». C’est d’ailleurs en voyant Marie s’occuper si bien de son fils Pierre que Germain commence à l’apprécier : « Et vraiment, tu es une trop bonne fille, petite Marie. Je ne sais pas pourquoi tu n’es pas entrée bergère chez nous à la Saint-Jean dernière. Tu aurais pris soin de mes enfants, et j’aurais mieux aimé te payer un bon prix pour les servir, que d’aller chercher une femme qui croira peut-être me faire beaucoup de grâce en ne les détestant pas ».

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