La Mare au Diable

par

Les valeurs

Dans ce roman, la famille est présentée comme une entitéforte, que tous les membres respectent, et où chacun s’épanouit en prenant soindu bien-être de la communauté. Les membres de la famille Maurice, ainsi que lapetite Marie et sa mère, partagent tous un mode de vie simple et respectueux.Les valeurs les plus fortes décrites ici sont toutes des valeurs nobles, et quepartagent Germain et Marie : des valeurs simples comme l’honnêteté etl’amour des siens, mais aussi un sens du devoir envers la communauté familiale,parfois au détriment des besoins de l’individu, et qui fait obstacle à larelation entre les amoureux.

 

A. Des valeurs simples

 

Honnêteté et humilité sont des valeurs très importantesdans cette famille paysanne, que ne possède pas la veuve dont Germain fait larencontre : « À sa place, moi, j’agirais autrement ; j’ymettrais plus de franchise et je ne ferais pas perdre du temps à des hommes quiont sans doute quelque chose de mieux à faire qu’à tourner autour d’une femmequi se moque d’eux ». L’honnêteté de Marie particulièrement estvalorisée, et c’est ce qui lui permettra d’être acceptée dans la famille deGermain : « C’est pourtant la vérité, elle me refuse. – Et quellesraisons vous en donne-t-elle ? – Que vous lui avez toujours fait du bien,que sa famille doit beaucoup à la vôtre, et qu’elle ne veut point vous déplaireen me détournant d’un mariage riche. – Si elle dit cela, elle prouve de bonssentiments, et c’est honnête de sa part ».

Les personnages de cette famille agissent quelquefois au nomde la raison (comme le père Maurice notamment), mais ils peuvent égalementchanger d’avis au nom de l’amour et du respect de l’autre, qui sont trèsprésents dans les relations familiales. C’est d’ailleurs l’amour qui pousse lesbeaux-parents de Germain à accepter Marie pour bru, car ils ne supportent pas desavoir leur beau-fils triste : « Si donc vous savez où la prendre,cette femme qu’il vous faut, prenez-là ; et qu’elle soit belle ou laide,jeune ou vieille, riche ou pauvre, nous sommes décidés, mon vieux et moi, àvous donner consentement ; car nous sommes fatigués de vous voir triste,et nous ne pouvons pas vivre tranquilles si vous ne l’êtes point ».

 

B. Sens du devoir envers la famille

 

Dès le début de l’histoire, le beau-père de Germain essaiede convaincre son gendre, à force de raisons, qu’il est mieux pour lui et pourla famille qu’il ne tarde pas à se remarier. De plus, il lui conseilled’épouser une femme ni trop jeune ni trop belle, et qui aurait un capital àapporter à la famille. Bien que cela ne dise rien à Germain, il ne peut mêmepas penser à désobéir au conseil « paternel » tant il est ancré enlui que son devoir envers sa famille est plus important. Il accepte donc departir rencontrer la veuve dont son beau-père lui a parlé : « C’estdit, mon père. Je vais tâcher de lui plaire et qu’elle me plaise ». Ilpart donc « ne se formulant pas à lui-même de belles raisons derésistance et d’égoïsme, mais souffrant d’une douleur sourde, et ne luttant pascontre un mal qu’il fallait accepter ».

Du côté de Marie, bien qu’elle soit pauvre et terrifiée àl’idée de partir travailler loin de chez elle, elle accepte son sort, sapauvreté, et n’espère pas épouser un homme riche. Cependant, quand Germain luidemande si elle n’aimerait pas soulager sa pauvre mère, elle répond : « Oh !Pour cela, oui ! Assister ma mère est tout mon souhait. » Sonpropre bien-être passe donc au second plan.

Marie renonce également dans un premier temps à son proprebonheur par respect pour la famille Maurice. En effet, bien qu’elle soitamoureuse de Germain, elle sait qu’il peut faire un mariage avec une femme plusriche qu’elle, et essaie donc de l’éloigner d’elle en lui mentant sur sonamour : « Je suis sûre que je ferais bien de vous aimer, si ça nemécontentait pas trop vos parents : mais que voulez-vous que j’yfasse ? Le cœur ne m’en dit pas pour vous ».

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