La Mare au Diable

par

Germain

Germain est veuf depuis deux ans, père de trois enfants dontl’aîné a sept ans. Il a bientôt trente ans, ce qui fait de lui un homme presquevieux dans son milieu, où les traditions font qu’un homme passé cet âge ne peutplus prétendre se marier. Son âge lui est rappelé à plusieurs reprises, par sonbeau-père, puis par Marie, qui est bien plus jeune que lui, et prend leprétexte de son âge avancé pour refuser de l’épouser : « Votre âgeest vieux pour moi, Germain ».Il a pourtant l’apparence jeune, comme nous l’apprend la description physiquequ’en fait le narrateur : « l’homme […] avait à défricher un coinnaguère abandonné […], travail d’athlète auquel suffisaient à peine sonénergie, sa jeunesse et ses huit animaux quasi indomptés », qui plusloin l’appelle : « le jeune homme ».

Germain est un bel homme, d’une beauté simple, liée à l’harmoniede sa vie champêtre et au travail de la terre. Le narrateur le décrit lapremière fois comme « un jeune homme de bonne mine » quitravaille dans son champ.

C’est également un homme bon, attaché aux valeurstraditionnelles du travail et de la famille. Il n’est caractérisé que d’unemanière positive. C’est un « honnête homme », « d’unbon cœur ». Il est d’une parfaite loyauté envers son beau-père, à quiil accorde une confiance totale. On sent chez lui un grand sens du devoir. « C’estbien, père Maurice, dit Germain, je ferai votre volonté comme je l’ai toujoursfaite. »

Il cache derrière sa force tranquille une très grandesensibilité ainsi qu’une certaine naïveté. Il est très touché par la mort deson ancienne femme : « J’avais une brave femme, douce, courageuse,bonne à ses père et mère, bonne à son mari, bonne à ses enfants, bonne à toutenfin » ; etressent de la tristesse encore deux ans après sa mort. Il est également d’unegrande gentillesse, notamment envers son fils.

Il est plusieurs fois tiraillé entre sa loyauté envers sonbeau-père et l’écoute de ses propres sentiments. Une rencontre arrangée n’estpas ce qu’il souhaite : « Ce froid projet de mariage que luimontrait le père Maurice, cette fiancée inconnue, peut-être même tout ce bienqu’on lui disait de sa raison et de sa vertu, lui donnaient à penser. »Cependant il est trop dévoué pour s’imaginer agir contre les intérêts de safamille.

C’est lors de son voyage, en compagnie de Marie, qu’ils’éprend de celle-ci, et bien que son beau-père lui ait déconseillé de prendrepour femme une fille trop jeune ou trop pauvre, l’amour qu’il éprouve pour elleva l’affranchir de cette autorité : « Marie, lui dit-il, tu meplais, et je suis bien malheureux de ne pas te plaire. Si tu voulais m’accepterpour ton mari, il n’y aurait ni beau-père, ni parents, ni voisins, ni conseilsqui pussent m’empêcher de me donner à toi. »

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