La petite fille qui aimait trop les allumettes

par

Gaëtan Soucy

Gaétan Soucy est un écrivain et professeur de philosophie québécois né dans un quartier ouvrier de Montréal en 1958, dans une famille modeste et nombreuse. Il s’instruit en autodidacte en lisant beaucoup – notamment Sartre, Camus, Beckett, Poe – mais ne néglige pas de faire des études, en physique et mathématiques, ainsi qu’en lettres et philosophie, obtenant une maîtrise dans cette dernière matière à l’université du Québec, son mémoire portant sur la philosophie transcendantale des sciences chez Kant. Il enseignera ensuite la philosophie, notamment à l’université où il avait étudié. Il développe aussi une grande connaissance du Japon, à travers la littérature, la langue et de nombreux voyages.

 

L’Immaculée conception, le premier roman de Gaétan Soucy, paru en 1994, a pour cadre Hochelaga, un quartier pauvre de Montréal, dans les années 1950 et 1960. On y retrouve déjà des thèmes qui feront la renommée de l’auteur, un monde de l’enfance plongé dans le tourment à travers Remouald Tremblay, un employé de banque torturé par le souvenir de la fête de l’Immaculée Conception de sa treizième année. Enfant jadis prodigieux, il a désormais une vie médiocre et son entourage s’interroge à son sujet. Entre réalisme,  fantastique et onirisme, sur un ton tour à tour sarcastique, truculent et tragique, plusieurs histoires aux focalisations diverses s’enchevêtrent, diffusant des indices sur ce qui constitue le cœur du récit, et qui a à voir avec le cannibalisme. La fin éclaire alors les parcours de personnages mystérieux, et l’incendie, événement récurrent, apparaît comme l’instrument de la vengeance et de la purification. L’auteur se révèle alors déjà comme un styliste remarquable, construisant savamment son récit telle une partition musicale. L’œuvre a été éditée en France sous le titre 8 décembre.

L’Acquittement, paru en 1997, est un nouveau roman mystérieux oscillant entre réalisme et onirisme. Il raconte l’histoire de Louis Bapaume, un organiste revenant vingt ans après les faits à Saint-Aldor, un petit village où il a enseigné la musique dans un orphelinat. Il cherche à rencontrer les von Croft pour s’acquitter d’une faute qui demeure longtemps floue, mais qui concerne la fille de la famille, Julia, à qui il a donné des cours de musique par le passé et qui aurait subi de lui des sévices. Il s’agit d’une œuvre très sombre propre à laisser perplexe son lecteur, du fait d’un héros dont on ne sait s’il fabule, qui ne maîtrise pas les mots, et de par l’importance fluctuante à accorder à la faute dont il est question, selon le point de vue que l’on adopte.

Le livre le plus connu de Gaétan Soucy paraît en 1998. La Petite fille qui aimait trop les allumettes ressemble à un conte...

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Dissertation à propos de La petite fille qui aimait trop les allumettes