La terre

par

Françoise Mouche

C’est la deuxième fille du père Mouche (Lise étant la première). D’après la description que le texte fait d’elle, Françoise est une très belle jeune femme à la « chair fraîche et rose de fruit mûrissant », aux « lèvres épaisses », à la « face allongée » et aux « yeux noirs et profonds ». Contrairement aux autres personnages féminins du roman (comme Lise et Fanny), le dur travail de la terre et les effets du soleil accablant n’ont pas réussi à l’enlaidir.

Au début du roman, Françoise est très proche de sa sœur Lise. Ayant dix ans de différence d’âge, elles ont développé en grandissant une relation sororale spéciale. En effet, après la mort de leur mère, Françoise a été élevée par sa sœur Lise : « Lise l’avait élevée, leur mère étant morte : de là venait leur grande tendresse, active et bruyante de la part de l’aînée, passionnée et contenue chez la cadette. » Et bien que seulement âgée de 15 ans, Françoise faisait déjà preuve de personnalité : elle était « raisonnable », « sansvilaines pensées ». Mais la relation entre Françoise et Lise se dégrade peu à peu lorsque les sentiments de jalousie s’installent : « Et les deux sœurs, face à face, se dévisagèrent, menaçantes, ennemies. » Et lorsque Françoise arrive à l’âge adulte et que Jean Macquart (et aussi Buteau) lui montre son intérêt, la jalousie de Lise redouble : « Elle l’exécrait d’être plus jeune, plus fraîche, plus désirée ».

Françoise réalise malheureusement qu’elle éprouve quelques sentiments pour Buteau : « Lorsque Françoise rencontrait ainsi Buteau, surtout seul, elle en demeurait bouleversée ». Son bouleversement relève de la frayeur (car il cherche désespérément à la violer et à la tuer) mais aussi de l’amour, un amour qu’elle ne comprend pas elle-même et dont elle a la confirmation à un moment des plus inappropriés : lorsque Buteau la viole. Ne pouvant pas le combattre à cause de la supériorité de sa force physique, elle s’abandonne à lui dans cet ébat sexuel forcé qu’elle semble aimer, à sa grande surprise : « et quand Buteau l’eut possédée, elle fut emportée à son tour dans un spasme de bonheur si aigu, qu’elle le serra de ses deux bras à l’étouffer, en poussant un long cri. »

Bien que les Buteau aient longtemps prémédité le meurtre de Françoise, c’est la colère de Lise et sa jalousie à l’égard de sa sœur – qui semble lui avoir tout volé (même son mari) – qui l’incitent à la pousser sur la faux. 

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