La terre

par

Les réalités du monde paysan

Zola nomme son roman La Terre. Son but est de présenter le monde paysan non pas sous son plus beau jour, mais d’en faire ressortir les mesquineries, iniquités et intrigues. Zola décrit la vie des paysans comme une vie très dure, car ceux-ci sont au bas de la société ; et Zola démontre comment leur passion héréditaire de s’octroyer de plus en plus de terres les conduit à des actes de violence, comme le meurtre de Françoise et celui du père Fouan. Jalousie, amour de l’argent, avidité pour les terres à cultiver sont les principaux motifs pour commettre le crime.

« Puis, avait commencé la longue lutte, une lutte de quatre cents ans, pour défendre et arrondir ce bien, dans un acharnement de passion que les pères léguaient aux fils : lopins perdus et rachetés, propriété dérisoire sans cesse remise en question, héritages écrasés de tels impôts qu’ils semblaient fondre, prairies et pièces de labour peu à peu élargies pourtant, par ce besoin de posséder, d’une ténacité lentement victorieuse. »

Les conditions de vie des paysans sont difficiles et n’ont que peu de chances de s’améliorer. Zola ne fait pas l’éloge du travail de la terre ou du lien qui existe entre le paysan et la terre. Il fait un portrait précis de l’agriculture. Il démontre que c’est une activité ardue et pénible, mais qui a son lot de bienfaits physiques et spirituels. Il montre comment la régulation des prix sur le marché condamne le fermier à une pauvreté éternelle. De plus, la modernisation des moyens de production rend antagonistes les intérêts, jusque-là presque indissociables, du fermier et de l’ouvrier. Zola peint donc un portrait particulièrement âpre de la vie agricole, une vie qui se dégrade au point que le fermier semble semer les graines de la misère et la récolter toute entière.

« Le blé, qui est à dix-huit francs l’hectolitre, en coûte seize à produire. S’il baisse encore, c’est la ruine […] Et chaque année, dit-on, l’Amérique augmente ses exportations de céréales. On nous menace d’une vraie inondation du marché. Que deviendrons-nous, alors ? […] Tenez ! moi, j’ai toujours été pour le progrès, pour la science, pour la liberté. Eh bien ! me voilà ébranlé, parole d’honneur ! Oui, ma foi ! nous ne pouvons crever de faim, qu’on nous protège ! »

Afin de comprendre – mais pas de justifier – les conditions de vie des paysans qui les mènent au crime, il serait judicieux de remonter à la source. Les paysans sont les plus touchés par les problèmes économiques de la société. À cause de la modernisation du pays sous le Second Empire, les denrées alimentaires et produits agricoles sont de plus en plus importés, ce qui cause la perte des paysans. Face à ce problème, les agriculteurs sont obligés de vendre à perte. Et ce serait du fait de cette situation de misère que les paysans deviendraient égocentriques et extrémistes dans leur tentative de survie.

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