La terre

par

Importance de la région de Beauce

Parmi toutes les villes qui existent en France, Zola a choisi la Beauce pour situer l’intrigue de son roman – et cette décision est loin d’être un simple hasard. En effet, à cette époque-là, la Beauce était considérée comme le « grenier de la France ». Pendant cette période, la crise agricole affectait la France entière, spécialement la Beauce (encore appelée « pays de Blé ») qui s’avérait être beaucoup plus sensible que les autres régions à ces oscillations du marché : « Cette Beauce plate, fertile, d’une culture aisée, mais demandant un effort continu ».

De plus, la production céréalière de la Beauce en blé était concurrencée par les exportations provenant d’Amérique du Nord. Heureusement, la population de la Beauce a une réaction positive face à cette compétition, et on assiste à une extension des surfaces de plantation de blé (pour augmenter la production) et à la révolution des techniques industrielles de production : le remplacement de la jachère, l’usage des engrais, le choix des semences, l’avènement des machines agricoles telles que les moissonneuses et les batteuses, etc. C’est donc sans doute la raison pour laquelle Zola considère cette région comme le cadre idoine pour situer l’intrigue, et démontrer l’attachement des agriculteurs à leur patrimoine agricole, la terre.

« De toutes parts, on semait : il y avait un autre semeur à gauche, à trois cents mètres, un autre plus loin, vers la droite ; et d’autres, d’autres encore s’enfonçaient en face, dans la perspective fuyante des terrains plats. C’étaient de petites silhouettes noires, de simples traits de plus en plus minces, qui se perdaient à des lieues. Mais tous avaient le geste, l’envolée de la semence, que l’on devinait comme une onde de vie autour d’eux. La plaine en prenait un frisson, jusque dans les lointains noyés, où les semeurs épars ne se voyaient plus. »

Ce choix du cadre de son roman procède de la méthode de Zola. Tel qu’il l’avait déjà fait pour Germinal en s’inspirant grandement des événements s’étant produits dans les mines, pour La Terre, il s’inspire d’un cadre bien réel pour son œuvre romanesque. Cette technique tend aussi à donner plus d’intensité au naturalisme dont Zola se réclame. En effet, pour Zola, le roman est une scène expérimentale où l’auteur doit pouvoir étudier le comportement des personnages, prédire leurs actions et connaître les éléments qui les influencent. Le roman au sens de Zola est un reflet aussi fidèle que possible de la réalité et l’on comprend le choix de situer dans la région de la Beauce son roman qui traite des difficultés de la vie paysanne, du caractère des hommes qui la vivent et de la terre en général.

« il ne faut pas nous plaindre. Je me suis laissé conter qu’il y a des pays où la terre donne un mal de chien. Ainsi, dans le Perche, ils n’ont que des cailloux… En Beauce, elle est douce encore, elle ne demande qu’un bon travail suivi… Seulement ça se gâte. Elle devient pour sûr moins fertile, des champs où l’on récoltait vingt hectolitres, n’en rapportent aujourd’hui que quinze… »

 

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