La terre

par

Résumé

Nous sommes en 1860, dans le petit village de Rognes, perdu au cœur de la Beauce. C’est là que s’est installé Jean Macquart, un ancien ouvrier charpentier qui a eu la malchance de tirer un mauvais numéro et de partir soldat pendant plusieurs années. Il a connu les guerres et les batailles du début du Second Empire et n’aspire plus qu’au calme. Le hasard l’a mené dans ce petit village où il s’est installé. Il y travaille comme ouvrier agricole.

Rognes vit au rythme des saisons, et tous les paysans n’ont qu’une maîtresse, la terre, qu’ils aiment posséder et féconder comme s’il s’agissait d’une femme. Pourtant, le père Fouan va partager ses biens. Il est trop vieux pour travailler aux champs et a décidé de céder sa terre à ses enfants. Ils sont trois. D’abord il y a Hyacinthe, l’aîné, surnommé Jésus-Christ à cause de son visage d’apôtre et de sa barbe de prophète. En fait c’est un ancien soldat revenu du régiment avec l’horreur du travail et complètement alcoolique. Ensuite il y a Fanny, mariée au raisonnable Delhomme. Enfin le plus jeune, âgé de moins de trente ans, est surnommé Buteau en raison de son caractère têtu. Le partage n’a rien d’harmonieux ni de fraternel, et Buteau s’estime lésé.

Buteau est célibataire. Pourtant, il a fait un enfant à sa cousine Lise, une belle fille travailleuse. Celle-ci a une sœur, Françoise, adolescente d’une quinzaine d’années. Les deux jeunes femmes s’adorent. Les choses vont changer quand, au bout de deux ans, Lise et Françoise héritent des biens de leur père. Lise devient un parti intéressant, alors Buteau l’épouse. Il vient s’installer dans la maison ancestrale des deux femmes. Dès cet instant, le lien qui unit Lise et Françoise commence à s’user. En effet, la présence de Françoise sous le toit familial a vite fait d’exacerber les sens de Buteau. Quand Françoise est devenue une femme, il ne cesse de la poursuivre de ses assiduités, la harcelant sans pudeur sous les yeux de sa femme, tentant d’abuser d’elle à de multiples reprises. Françoise doit se défendre physiquement pour se protéger et ne trouve aucun soutien auprès de sa sœur qui l’accuse d’exciter son mari et de le détourner d’elle.

Jean assiste de loin à tout cela et en est profondément désolé car il aime Françoise et souhaite l’épouser malgré leur importante différence d’âge. Quand Buteau apprend cela, il entre dans une violente colère. Si Françoise épouse Jean, non seulement il perdra cette proie qui le rend fou mais surtout, la jeune femme sera en droit de réclamer sa part d’héritage, et le domaine agricole de Buteau s’en trouvera réduit d’autant. Il s’oppose violemment à cette idée et va jusqu’à attaquer Jean, qui se défend. Les deux hommes se battent à coups de fléau, et Jean casse net le bras de Buteau. Dorénavant, ils font office l’un pour l’autre d’ennemi mortel.

Quant au père Fouan, il réalise bien vite qu’il a commis une énorme sottise en partageant son bien. Ses journées sont interminables, puisqu’il n’a plus rien à faire. De plus, ses enfants sont censés lui verser une pension pour qu’il puisse vivre, et seule Fanny s’acquitte de son devoir de façon régulière. Hyacinthe a gagé les terres et a bu ce qu’il en a retiré ; il n’a pas versé un liard à son père. Quant à Buteau, il chicane sur le moindre sou et trouve toujours un prétexte pour ne pas verser la totalité de la somme. Le vieux Fouan est furieux, car il n’est plus le maître. Pire, il est bientôt contraint d’aller vivre chez ses enfants. Il va d’abord habiter chez Fanny. Hélas, les habitudes de propreté de la ménagère ne conviennent pas au vieux paysan habitué à cracher par terre quand bon lui semble. Puis il va chez Buteau où il est le témoin de l’odieux manège de son fils qui poursuit Françoise. Il échoue ensuite chez Jésus-Christ, où il prend des habitudes d’ivrogne.

Jésus-Christ et Buteau ont un but : mettre la main sur les quelques économies du père. Ils le harcèlent, fouillent sa chambre quand ils le pensent endormi. Fouan vit maintenant dans la terreur constante d’être dépouillé du peu qui lui reste. Balloté d’un foyer à l’autre, il échoue enfin chez Buteau, pour son malheur. Les mauvaises manières du fils, l’atmosphère abominable qui pèse sur la maison, la perte de son aura de chef de famille, tout cela le pousse lentement sur le chemin de la déchéance.

Les mois, les années passent. Un jour, Françoise quitte la maison et sur un coup de tête accepte d’épouser Jean. On procède au partage de l’héritage des deux sœurs, au grand désespoir de Buteau. Quant à Jean, il comprend vite que Françoise ne l’aime pas réellement. Leur ménage est calme, économe, raisonnable, mais vierge de toute flamme.

Deux ans passent encore. Il y a maintenant dix ans que Jean s’est installé à Rognes. Il cultive sagement la terre, Françoise attend un enfant. Malheureusement, un drame va éclater. Un jour, alors que Françoise et Buteau travaillent sur des parcelles mitoyennes, la brute se jette sur elle et la viole, aidé dans son odieux forfait par Lise. Celle-ci a le front d’accuser Françoise d’avoir provoqué son mari. Alors les deux sœurs se battent, Lise s’empare d’une faux et en frappe Françoise au flanc. La jeune femme est mortellement blessée. Elle refuse cependant de dénoncer sa sœur. En effet, si elle faisait cela la terre irait à un étranger, en l’occurrence son propre époux, et il n’est pas question que la famille perde son bien. Enfin le drame a eu un témoin : le père Fouan, qui invite Jean à quitter le village avant que le couple criminel ne le tue lui aussi. La nuit suivante, Lise et Buteau assassinent le vieil homme en le frappant et en le brûlant vif dans son lit.

Il est temps pour Jean de quitter Rognes. Il va reprendre du service dans l’armée où l’on a besoin d’hommes pour faire la guerre à la Prusse. Il laisse derrière lui le corps de sa femme indifférente, celui de son enfant qui n’a pu naître, et la terre, exigeante maîtresse dont rien n’arrête le cycle saisonnier.

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