Le Roi Lear

par

Acte IV

Le quatrième acte s’ouvre sur Edgar qui se trouve dans une lande. Ignorant les récents évènements, il est triste à l’idée que son père ne soit pas informé de la haine que lui porte Edmond. Gloucester arrive dans la lande guidé par un de ses plus vieux vassaux. Edgar, toujours vêtu de guenilles, va à la rencontre du vieillard et de son père. Ce dernier lui demande s’il connaît Douvres et Edgar répond positivement. Son père lui donne ensuite une bourse et lui demande de l’y conduire, à un rocher d’où il souhaite se jeter en réparation de l’injustice faite à son fils, ignorant que le soi-disant illuminé à qui il s’adresse est en fait ce fils.

Près du château d’Albany, Oswald confie à sa maîtresse l’étrange attitude de son époux. Goneril n’est pas très surprise par le récit de son intendant car elle estime que son mari est amorphe et qu’elle devrait plutôt partager son lit avec Edmond qu’elle embrasse furtivement. Elle lui demande d’aller lever une armée contre les Français et assure qu’Oswald sera la courroie entre elle et son nouvel amant. Une fois en présence de son époux, elle se plaint de son désintérêt pour elle et pour les affaires du royaume. Ce dernier condamne les paroles de Goneril, qui, à ses yeux, est devenue mesquine, monstrueuse.

Ils en sont là dans leurs âpres échanges lorsqu’entre un messager. Il déclare que Cornouailles a été tué par un de ses vassaux, alors qu’il essayait de crever le second œil de Gloucester. Celui qui avait été lâchement tué par Régane avait néanmoins réussi à assener un coup mortel à Cornouailles. Albany se réjouit de cette mort car il estime que justice est rendue. Il est néanmoins triste que Gloucester ait perdu la vue. Le messager apporte également une lettre pour Goneril de la part de Régane. Goneril se réjouit aussi en secret de la mort de son beau-frère. Seulement, elle n’est pas tranquille à l’idée que son Edmond se trouve seule avec sa veuve de sœur. Elle se retire afin de lire la missive et d’y répondre. Albany, resté seul avec le messager, cherche à savoir où Edmond se trouvait lorsque son père se faisait crever les yeux. Le messager demande, surpris, si Edmond ne se trouve pas au château d’Albany car il a quitté le château de Gloucester avec Goneril afin que Cornouailles puisse punir Gloucester à sa guise. Le messager ajoute d’ailleurs que c’est Edmond qui a dénoncé son père auprès de Cornouailles. La curiosité d’Albany est attisée et il se retire avec le messager afin que celui-ci lui narre tout ce qu’il sait.

La scène suivante se déroule à Douvres près du camp des Français. Kent y rencontre le chevalier qu’il avait envoyé à Douvres, et cherche à savoir pourquoi le roi de France s’en est retourné aussi vite dans son pays. Le chevalier lui répond qu’il y avait une affaire pressante qui requérait son attention et qu’il est remplacé à la tête du camp par un maréchal. Il cherche ensuite à savoir quelle fut la réaction de Cordélia à la lecture de sa missive. Le chevalier narre que la reine était triste et que sa lecture était parfois ponctuée de larmes et de cris de douleur. Il confie au chevalier être venu à Douvres avec Lear dont l’esprit est agité, perturbé. Il ajoute que le chevalier ne regrettera pas de lui avoir apporté son aide lorsqu’il découvrira qui il est vraiment. Il le mène ensuite à Lear. Cordélia se trouve sous la tente royale du camp en compagnie d’un patient, d’un médecin, d’officiers et de soldats. Le patient est en fait Lear et Cordélia promet d’immenses richesses à qui lui rendra la raison. Un messager entre pour les avertir de l’approche des troupes britanniques.

Dans la scène suivante, Régane et Oswald se trouvent dans une pièce du château de Gloucester. Celle-ci se montre surprise que sa sœur ait également écrit une lettre à Edmond et devinant ses intentions, elle remet un anneau à Oswald et lui demande de le remettre à Edmond en même temps que la lettre de sa maîtresse. Elle ajoute aussi que celui qui tuera Gloucester sera largement récompensé. Elle lui demande de signifier à Goneril la folie de son entreprise car elle estime être celle qu’Edmond doit épouser. Oswald est perdu et ne sait plus vers laquelle des deux sœurs il doit diriger sa loyauté.

Edgar, déguisé en paysan, et Gloucester se trouvent à présent dans une campagne près du camp français. Ce dernier demande à son guide s’ils sont bientôt arrivés près du rocher et Edgar répond que oui. Il soutient même qu’il est surprenant que Gloucester n’entende pas le bruit de la mer. Après quelques pas, Edgar prétend qu’ils ont arrivés au bord de la falaise. Gloucester lui remet une autre bourse et Edgar fait semblant de s’éloigner. Gloucester s’élance et tombe par terre. Edgar se rapproche et se dit surpris que l’homme ait pu survivre à une telle chute. Gloucester le repousse et veut qu’on le laisse mourir. Edgar ajoute que Gloucester est un miraculé et lui demande, un peu railleur, de regarder la distance d’où il est tombé. Le pauvre homme, ne pouvant pas voir, se morfond de l’échec de son entreprise. Gloucester demande après le déguenillé qui l’a conduit là et Edgar prétend qu’il s’en est allé. Gloucester décide de ne plus attenter à sa vie. Lear, qui a quitté la tente royale, arrive vers les deux hommes. Il a manifestement perdu la raison et les rejoint paré de fleurs. Edgar est triste à cette vue.

Les trois hommes sont rejoints par un officier et son escorte qui s’étaient lancé à la recherche de Lear. Ce dernier s’enfuit et se fait poursuivre par l’escorte. Le spectacle est affligeant. L’officier se met aussi à la poursuite de Lear. Edgar reste avec Gloucester et les deux hommes sont bientôt rejoints par Oswald. Ce dernier essaie de tuer Gloucester mais Edgar s’interpose et tue Oswald qu’il a reconnu. Il se dévoile à son père et après avoir lu la lettre que le défunt transportait, et à l’intérieur de laquelle Goneril demande à Edmond de tuer Albany afin de devenir son époux, Edgar décide d’enterrer Oswald là dans le sable. Puis, décidé à révéler la conspiration à Albany, Edgar s’en va avec son père.

Cordélia, Kent, Lear alité, un gentilhomme, un médecin et des serviteurs se trouvent sous une tente dans le camp français. Kent a déjà tout relaté à Cordélia mais souhaite encore garder sa véritable identité secrète jusqu’au moment propice. Cordélia lui exprime son éternelle gratitude. Elle prie pour que son père recouvre la raison. Le médecin lui demande de se rapprocher de Lear avant qu’il ne soit éveillé. Le roi se réveille la raison recouvrée, il veut s’agenouiller devant sa fille qui l’en empêche. Il lui demande pardon. Le médecin demande à Cordélia de rester prudente et de ne pas brusquer Lear. Elle propose à son père de marcher et ils sortent ensemble. Le gentilhomme demande à Kent s’il est vrai que Cornouailles est mort et qui dirige à présent sa partie du royaume ; Kent lui répond. Les troupes britanniques se rapprochent et Kent pense que le succès de son plan dépend de l’issue de la bataille imminente.

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