Le tour du monde en 80 jours

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La traque d’un cambrioleur

Jules Verne a l’art de captiver le lecteur. Sachant que latraversée vertigineuse de Fogg ne serait pas en soi assez intéressante, il lapimente de nombreux thèmes secondaires, dont cette traque menée contre le hérospar Fix, un détective le soupçonnant du vol d’une importante somme à la Banqued’Angleterre. L’élégance vestimentaire du cambrioleur au moment de l’infraction,rapportée à certaines excentricités de Fogg, pousse même le lecteur àsoupçonner ce dernier malgré son apparente dignité. L’auteur réussit à créerune aura mystérieuse autour de Fogg contribuant au maintien de l’intérêt dulecteur.

Fix, tout à fait persuadé de la culpabilité de Fogg du fait de laressemblance entre ce dernier et le portrait distribué comme celui du fameuxcambrioleur, se lance aux trousses du brave gentilhomme peu après le départ decelui-ci. Il le rattrape, mais, faute de mandat, se contente de lui mettre desbâtons dans les roues en restant discret, le retardant dans son voyage àd’innombrables reprises. Ces retards se révèlent autant de nouveaux défis pourFogg qui les relève tous brillamment. Fix ne parvient à l’arrêter qu’à leurretour en Angleterre, à Liverpool. Il s’avère plus tard que Fogg est innocent.À sa relaxe, très en colère contre Fix, il lui donne un violent coup à lafigure. Plus tard, après avoir remporté le pari, se sentant navré pour le détective,il lui donne une partie de l’argent gagné : « Toutefois, on l’a dit, l’excentrique gentlemann’avait, en ce pari, cherché que la lutte, non la fortune. Et même, les millelivres restant, il les partagea entre l’honnête Passepartout et le malheureuxFix, auquel il était incapable d’en vouloir. »

Cettetraque est donc une nouvelle façon pour Jules Verne de compléter le portraitd’un véritable gentleman : parfois sanguin, mais capable de faire amendehonorable et de se montrer généreux, finalement magnanime en toute occasion.

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