Le vieil homme et la mer

par

Eloge de la Nature

A-    La nature comme élément sauvage et hostile.

Tout au long du Le Vieil Homme et la Mer, Hemingway fait de la nature un personnage à part entière du roman. Par nature ici, il faut essentiellement comprendre la mer qui sert de cadre à l’aventure. La mer n’est pas forcément la mère nourricière que se plaisent à décrire les poèmes idylliques. Hemingway évoque et montre certains des dangers qu’elle peut recéler, notamment les Agua Mala, ou encore les requins. La mer est un élément sauvage et hostile qu’il faut s’atteler à dompter pour tirer sa subsistance et la beauté du roman tient en ce qu’il décrit avec une rare justesse du ton de ce combat et les conflits internes qui y sont inhérents. L’hostilité de la mer ne peut s’interpréter dans l’œuvre comme un acte aveugle et sans raison. En effet, elle est le terreau qui permet l’émergence de l’héroïsme du personnage principal. C’est parce que la nature lui a mis des coups (84 jours sans prises) que la réponse de Santiago a tout son sens. On peut donc se dire que l’hostilité ici n’est que de façade puisqu’elle contribue à la grandeur du genre humain, et partant, à magnifier la grandeur de la nature elle-même puisqu’on ne triomphe véritablement que quand on a face à soi un adversaire supérieur à soi ou au moins égal. Aussi, si le roman a eu un impact aussi grand sur la littérature contemporaine, c’est parce qu’il est le récit d’un combat à armes égales entre l’homme et la nature, un affrontement dans le respect où le plus faible triomphe finalement du plus fort dans un beau moment d’héroïsme. 

 

B-    La nature comme miroir de l'âme humaine.

Si la nature se révèle hostile pour le personnage principal, elle est aussi un miroir où se reflète l’âme humaine dans ses faiblesses et ses forces. Ses défaites et ses abandons, ses doutes et ses espoirs s’expriment tous face à l’immensité de la mer et s’inscrivent dans chacun de ses gestes. La mer ici est une métaphore de l’univers quotidien où chaque individu évolue. Elle peut aussi bien représenter la ville où l’on vit, la forêt, le désert ou toute autre entité dans laquelle l’humain vit et se développe en affrontant les difficultés quotidiennes. Dans cet univers se reflètent à l’instar de la mer des sentiments divers. Cette caractéristique particulière contribue à faire du récit une histoire universelle et plus que jamais on se dit que Santiago pourrait être n’importe lequel des 7 milliards d’humains qui vivent et rêvent sur la terre. L’autre caractéristique de la mer est qu’elle est foncièrement juste. Certes, elle prive Santiago de ses fruits pendant 84 jours, mais elle lui donne la plus grande prise de sa vie le 85ème. Et si elle l’en prive à nouveau, c’est pour que ça reste une grande leçon, une grande d’humilité quant à la fragilité de l’humain. Mais l’exploit accompli et la capacité de l’homme à réaliser des miracles en dépit de cette faiblesse est un message à jamais gravé dans le cœur du vieil homme et de ses proches et ce message-là vaut bien le prix qu’a payé le vieil homme.

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