Le vieil homme et la mer

par

Manolin

Manolin est un jeunegarçon, pas même adolescent, sans doute, qui est le seul ami de Santiago. Cepersonnage n’est présent qu’au début et à la fin du roman, quand Santiago n’estpas en mer. À l’âge de cinq ans, le pêcheur l’a emmené en mer et lui a transmisson art de la pêche. Le temps a passé, et l’affection de Manolin pour le vieilhomme n’a fait que croître. Il a une admiration profonde pour le vieilhomme : celui-ci lui a tout appris du métier de pêcheur. Le garçonnetexprime à son vieil ami l’estime et l’amour qu’il lui porte : « y abeaucoup de bons pêcheurs, et puis y a des très grands pêcheurs. Mais y en aqu’un comme toi. »

Quand la chance aquitté Santiago, Manolin a accompagné le vieil homme dans sa vaine quête depoisson pendant quarante jours, au bout desquels ses parents lui ont interditde retourner avec ce vieux abandonné par la chance, et lui ont ordonné d’aidersur un nouveau bateau. De fait, l’enfant ramène maintenant à terre de superbespoissons, tandis que le vieux rentre au port désespérément bredouille.Cependant, chaque matin, Manolin aide le vieux pêcheur à préparer son matériel,et chaque soir prend soin de lui, lui apporte à manger, et lui fait laconversation – ils partagent une passion pour les matches de base-ball dont ilssuivent les résultats dans de vieux journaux. Manolin a noué avec Santiago,qu’il appelle old man – vieil homme – dans le texte original, et« grand-père » dans la traduction, une relation profonde. Il estd’une inaltérable gentillesse et s’occupe de Santiago comme s’il s’agissait deson propre grand-père. On pourrait imaginer que Manolin aimerait partager lesjeux des jeunes gens de son âge, mais il n’en est rien. Il est une figured’enfant idéal qui consacre tout son temps à son vieil ami. Sans Manolin, lavie de Santiago ne serait que solitude et il ne parlerait à personne de lajournée. Manolin lui offre même une bière – luxe que le vieux pêcheur n’a pasles moyens de s’offrir – comme un homme. La relation est doncambivalente : bien que très jeune, c’est le garçon qui prend en charge lasurvie du vieil homme. Sans l’enfant, non seulement Santiago serait condamné à unesolitude cruelle, mais encore il mourrait peut-être de faim.

Manolin est unpersonnage idéal : il semble n’avoir aucun défaut. Le vieil homme a léguéà l’enfant son art de la pêche et lui a donné son amour. L’enfant paye sadette, largement. « Tant que je serai vivant, t’iras pas à la pêche leventre vide », promet Manolin à Santiago. À la fin du roman, Manolinchoisit de désobéir à ses parents : il retournera pêcher avec son vieilami. Il est l’apprenti du vieil homme et à ce titre fera perdurer l’héritagespirituel de Santiago par-delà la mort du vieux pêcheur. À travers Manolin,Santiago continuera à vivre.

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