Les fausses confidences

par

La Comédie dans l’œuvre

De prime abord, le coté amusant de cette œuvre ressort de son intrigue: incapable d’approcher directement celle pour laquelle il brule d’amour (par peur du rejet), Dorante préfère s’allier à son ami sournois Dubois et d’utiliser la ruse. Le personnage principal se présente donc premièrement en poltron, rôle qu’il assume et joue à merveille tout au long du récit. Il prend une position de victime, de poule mouillée: « Je l'aime avec passion, et c'est ce qui fait que je tremble ! », Acte I, Scène II. Ce qui donne automatiquement à Dubois le rôle du héros qui vient à la rescousse de son ami dans le besoin: «… vous réussirez, vous dis-je. Je m'en charge, je le veux… toutes nos mesures sont prises », (Acte I, scène II).

En un second temps, on note la soumission exagérée de Dorante à Araminte. C’est clair, il est présenté comme un homme poli et bien éduqué et en tant que futur intendant, il se veut de la respecter. Néanmoins, doit-on croire que c’est sa « cervelle brulée » d’amour pour elle qui le rendrait aussi docile et obéissant au moindre de ses ordres? Il semble désespéré de son amour: « …je vous supplie de me conserver. », Acte I, Scène 7; « Je ne suis pas heureux ; rien ne me réussit, et j'aurai la douleur d'être renvoyé »; ou encore « Madame, je me rends à vos ordres. », dans la Scène 15 du même acte.

Cette section d’analyse de notre œuvre ne serait point complète si on ne faisait pas ressortir l’humour qu’incarne particulièrement le personnage d’Arlequin, serviteur dévoué d’Araminte. Par nature, celui-ci manque cependant de bon sens. Il nous le démontre pour la première fois dans la huitième scène de l’Acte I, lorsqu’Araminte l’informe qu’il sera désormais « donné » à Dorante en tant que servant: « Comment, Madame, vous me donnez à lui ! Est-ce que je ne serai plus à moi ? Ma personne ne m'appartiendra donc plus ? » Et Marton de répliquer: « Tu es bien sot ! Quand je t'envoie quelque part, ou que je te dis : fais telle ou telle chose, n'obéis-tu pas ? ». De plus, on remarque de multiples épisodes d’insultes entre Dubois et lui (spécialement dans l’acte II). Particulièrement, on peut noter la scène 10 où Dubois et Arlequin rejoignent Marton, le Comte, Araminte et sa mère dans la salle et Dubois menace de « bâtonner » Arlequin qui lui riposte en s’opposant à lui d’un air défiant.

À part ces moments clés, on peut également noter certaines autres répliques amusantes, comme celle de Monsieur Remy à l’égard de Madame Argante qui parlait en mal de son neveu Dorante:

« Comment donc ! M'imposer silence ! À moi, Procureur ! Savez-vous bien qu'il y a cinquante ans que je parle, Madame Argante ?

– Il y a donc cinquante ans que vous ne savez ce que vous dites. »

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