Les mystères de Paris

par

Le Chourineur

Le Chourineur est un ancien apprenti boucher. Il est décrit comme un homme de « haute taille et de constitution athlétique »aux « cheveux d’un blond pâle tirant sur le blanc », aux « sourcils épais »etaux « énormes favoris d’un roux ardent ». C’est également l’un des bandits les plus redoutés du quartier.

Il se distingue par son caractère violent ; c’est un homme difficile à contrôler. Il semble être enfermé dans une certaine colère, une aigreur qui s’est installé dans son métier passé : « cette rage-là a fini par devenir si forte qu’une fois en train de chouriner je devenais comme fou ». Alors qu’il était boucher, certains aspects négatifs de la personnalité du Chourineur se développent alors qu’il doit accomplir certains actes contre son inclination première : « D’abord ça avait commencé par m’écœurer d’égorger ces pauvres vieilles bêtes… ». Mais ensuite, poussé par les exigences de son emploi, il embrasse avec sa place dans la société les horreurs de son métier et devient une autre personne : « après, ça m’avait amusé ». L’auteur illustre ainsi au lecteur l’influence de l’environnement, du milieu social sur le comportement et le devenir de chaque homme.

Au fil du temps, ses instincts de chourinage deviennent partie intégrante de sa personne ; il ne peut plus les distinguer de lui et y perd son intégrité. Le Chourineur passe de tueur d’animaux à tueur d’hommes, et restera quinze ans au bagne pour avoir chouriné plusieurs soldats. Mais au lieu d’améliorer son caractère, le lecteur est invité à constater que cette peine n’a presque pas eu d’effet sur lui, ou a simplement fait empirer les aspects négatifs de son caractère. En effet, lorsque Rodolphe le rencontre pour la première fois, le Chourineur est en train de violenter Fleur-de-Marie. Par contraste, lorsque Rodolphe se met à le fréquenter et à lui faire découvrir l’existence d’une autre manière de vivre, cela l’influence positivement. Le Chourineur se voit délivré de sa violence, et de ce fait ne peut se séparer de Rodolphe, son bienfaiteur : « Le Chourineur éprouvait pour Rodolphe l’attachement obstiné du chien pour son maître. »On peut penser qu’à travers son destin, Eugène Sue se livre à une satire du système judiciaire, promouvant l’humanité et la compassion en lieu et place de sentences ridicules peu propices à l’édification du prévenu.

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