Les mystères de Paris

par

Rodolphe

Rodolphe est le héros de l’histoire. Il est le prince de Gerolstein, un pays imaginaire du roman appartenant à la Confédération germanique. Rodolphe, qui veut se faire le rédempteur du bas peuple, possède donc des origines nobles. Son désir d’œuvrer dans le sens d’une justice et d’une égalité sociales est réel, mais il se double d’une recherche personnelle d’absolution. Il a eu autrefois une fille, qu’il croit morte, mais qu’il retrouvera vivante au cours du roman.

Lors de la première rencontre du lecteur avec Rodolphe, celui-ci est présenté comme un bel homme dans la trentaine, à la taille « moyenne, svelte »et « parfaitement proportionnée ». Malgré un déguisement d’ouvrier, on peut suspecter qu’il n’appartient pas à cette classe à son « teint d’une pâleur délicate, ses grands yeux d’un brun orangé » et à sa « constitution […] affaiblie par les aristocratiques excès d’une vie opulente » Aussitôt qu’il entre dans le Tapis-Franc, un estaminet des bas-fonds de Paris, Rodolphe inspire le respect : « tous regardèrent le vainqueur du Chourineur avec un respect craintif. »

Les multiples talents de Rodolphe font de lui le héros parfait pour agir en tant que rédempteur du peuple. En premier lieu, il connaît la société, il en a parcouru toutes les classes de la noblesse d’où il vient à la classe prolétaire à laquelle appartient la majorité des personnes qu’il rencontre. Rodolphe comprend les conditions de vie de chaque classe, et de ce fait sait comment s’y prendre pour les sauver. Ensuite, il s’adapte à tous les environnements : il connaît le parler populaire, ce qui lui permet de converser avec les gens du peuple ; et il se déguise pour se fondre parfaitement dans la masse – c’est d’ailleurs dans son accoutrement d’ouvrier qu’il rencontre le Chourineur et Fleur-de-Marie. Enfin, et c’est sans doute l’un des critères les plus importants, il est doté d’une force physique impressionnante : c’est un homme robuste, et ceci lui permet de vaincre tous les adversaires qu’il rencontre sur son chemin, en commençant par le Chourineur.

Par le personnage de Rodolphe, Eugène Sue s’adonne à une satire de la société française, particulièrement de la noblesse. En présentant Rodolphe comme un héros qui œuvre pour le bien-être des plus démunis, il critique la noblesse française inactive, repliée sur elle-même et sourde aux cris du peuple malheureux. Rodolphe incarne le caractère idéal d’un homme digne d’être appelé Prince.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Rodolphe >