Lettres de mon moulin

par

L'Arlésienne

Il était une fois un mas, une grande ferme provençale, toujours silencieuse et où régnait une tristesse infinie. Le Maître passait ses journées assis à une grande table de pierre, dans la cour, portant des habits trop petits pour lui. Sa femme et leur jeune fils, vêtus de noir, se rendaient chaque jour à la messe. Un drame terrible s'était joué là, et le malheur avait frappé.

Le Maître et sa femme avait un fils de vingt ans, Jan. C'était un magnifique paysan, beau comme un jeune dieu, qui pour son malheur tomba amoureux d'une fille de la ville, une Arlésienne. Elle était coquette, mais Jan en était fou. De mauvais gré, les parents acceptèrent le mariage. Seulement voilà, un homme se présenta un soir au mas, et appris au Maître que cette femme avait été sa maîtresse et sa fiancée. Il fallut apprendre la nouvelle à Jan, qui sombra dans le désespoir. Le jeune homme ne parla plus de son Arlésienne, mais passait ses journées muré dans le silence, et cherchait l'oubli dans un travail de forcené, et chaque soir il prenait le chemin d'Arles, et marchait jusqu'à ce que la ville apparaisse à l'horizon. Devant ce désespoir, le père lui dit que la famille accepterait de recevoir cette femme en son sein. Jan refusa, et afficha dès lors les marques d'une bruyante bonne humeur afin de rassurer ses parents. Il retrouva ses amis, mena des farandoles, et son père le crut guéri. Sa mère, elle, ne s'y trompa pas. Elle savait que son fils était malheureux.

Vint la fête de la Saint-Éloi. Le vin coula à flot, tout le monde...

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