Lettres de mon moulin

par

Une structure apparemment désordonnée

L’organisationdu recueil d’Alphonse Daudet semble ne pas avoir de sens. On y trouve toutessortes de textes (contes, récits véridiques, légendes, etc.) sans ordre logiqueapparent. D’où il est, le lecteur ne peut pas saisir ce qui a poussé l’auteur àplacer ses textes ainsi.

Parfois,nous retrouvons l’auteur dans son moulin, où il nous décrit ce qui semble s’êtrepassé dans son village ou en tout cas ce qui aurait pu se passer, selon quel’on considère les dires de l’auteur comme véridiques ou non. C’est par exemplele cas dans Le secret de MonsieurCornille : « Francet Mamaï […] m’a raconté l’autre soir unpetit drame de village dont mon moulin a été témoin il y a quelque vingt ans. »Il nous parle également des événements de son village : ses joies et sespeines, comme l’histoire du jeune Jan qui s’est pendu pour avoir aimé tropfortement une fille qui ne lui aurait pas été fidèle s’il l’avait épousée. Ilfaut cependant noter que le narrateur ne nous permet pas de savoir si lesrécits qu’il nous narre sont autobiographiques, rapportés ou simplement tirésde son imagination.

Iln’existe aucun lien entre les histoires : elles sont disposéesaléatoirement. À l’inverse d’un roman qui se suit chapitre par chapitre, leshistoires dont Alphonse Daudet garnit son recueil sont disposéesarbitrairement, sans un effort de logique, qu’il soit historique, chronologiqueou par ordre d’importance. Le lecteur est donc quelque peu déstabilisé par cegenre inhabituel.

Onpeut tout de même suivre et noter un certain équilibre. En effet, chaquehistoire vient en contrebalancer une autre : quand une histoire esttriste, elle est précédée d’une histoire gaie ; à l’inverse si l’histoireest calme, le lecteur se retrouve bientôt transporté dans une histoiretrépidante. L’auteur a donc plutôt cherché à équilibrer ses histoires selon desquestions de rythme. Enfin, la dernière histoire permet de refermer la boucleavec la première puisqu’on part d’une Installation,où Paris se voit critiqué, pourarriver à des Nostalgies de caserne,où la capitale est l’objet d’une nostalgie.

Onobserve donc une logique discrète de la part de l’auteur, qui ne cherche pas àtotalement perdre son lecteur mais le situe dans un flou suffisamment importantpour qu’il ne sache plus que croire et qu’il puisse alors lire les récits avecune ouverture d’esprit plus grande.

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