Pierre et Jean

par

Gérôme Roland

Cet « ancien bijoutier parisien qu'un amour immodéré de la navigation et de la pêche avait arraché au comptoir dès qu'il eut assez d'aisance pour vivre modestement de ses rentes » est, théoriquement et selon les usages en cours à la fin du XIXe siècle en France, le chef de la famille Roland. En fait, il n'en est rien.

C'est un brave homme, épais de corps et d'esprit, qui ne vit que pour la pêche et la bonne chère. Son ventre tendu et son esprit borné l'enferment dans une sphère heureuse, où rien ne vient le contrarier. Il se réjouit de tout, et ne soupçonne pas un instant que l'héritage que reçoit son fils Jean, et lui seul, puisse révéler quelque secret que ce soit. Il n'y voit que le témoignage d'affection d'un vieil ami et il est ébloui par la fortune qui tombe dans les mains de Jean. Quant à l'injustice flagrante dont est victime Pierre, elle ne lui effleure pas l'esprit.

Roland, que son épouse appelle « mon gros », navigue paisiblement dans le roman sans jamais voir qu'un drame familial se joue sous son toit. Quant au mariage de Jean et de Mme Rosémilly, ni le jeune homme ni Mme Roland ne songent à l'en informer : « Nous faisons tout sans rien lui dire. Il suffit de lui annoncer ce que nous avons décidé », déclarent-ils à la future mariée. Père méprisé par son fils Pierre et vite renié par Jean, mari trompé sans regret par son épouse,...

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Dissertation à propos de Pierre et Jean