Pierre et Jean

par

Marowsko

Pierre a connu ce pharmacien d'origine polonaise lors de ses études à Paris. Pauvre, Marowsko s'est pris d'une vive amitié pour Pierre, qu'il a suivi au Havre. Installé dans un quartier populaire, Marowsko vivote et son officine est au bord de la banqueroute. Pierre va le voir de temps à autre et les deux hommes partagent un verre des liqueurs que le pharmacien concocte dans sa boutique et qui lui apporteront, du moins l’espère-t-il, la fortune. C'est au cours d'une de ces visites que Marowsko va éveiller dans l'esprit de Pierre la lueur du soupçon. L'héritage vient de faire une entrée fracassante dans la famille Roland et Pierre annonce la nouvelle à son ami. « Ça ne fera pas un bon effet », déclare le pharmacien à plusieurs reprises. Pierre est à cent lieues d'imaginer que Jean est le fils de Maréchal et la flagrante injustice de cet héritage n'a pas éveillé en lui de soupçon. Marowsko, lui, que l'amour filial n'aveugle pas, comprend immédiatement la situation et exprime avec autant de tact qu'il le peut ce que les gens chuchoteront bientôt. D'ailleurs, la petite bonne de brasserie, maîtresse occasionnelle de Pierre, sautera à la même conclusion, et l'exprimera avec moins de tact : « Ça n'est pas étonnant qu'il te ressemble si peu », dira-t-elle de Jean.

Marowsko et la bonne de brasserie ont dans le récit la fonction d'éveiller l'esprit de Pierre, tout plein de son amour pour sa mère qu'il juge insoupçonnable. Ce sont ces deux personnages humbles, porteurs de la vox populi, qui ajoutent à la graine de la jalousie la semence du...

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Dissertation à propos de Pierre et Jean