Un long dimanche de fiançailles

par

Les automutilations pour échapper à la mort

Dans les tranchées, pour les jeunes soldats, les conditions de vie sont tellement difficiles et l’espoir de s’en sortir vivant est si mince que la seule solution qui s’offre à eux est de s’automutiler. En faisant cela, ils espèrent pouvoir être évacués et quitter la tranchée afin d’être renvoyés chez eux en tant que blessés de guerre. Cela peut paraître horrible ou lâche aux yeux de ceux qui n’ont pas connu la guerre, mais de tels gestes sont compréhensibles : à cette époque, la guerre est figée, rien n’avance, les hommes restent sur leurs positions, du côté français comme du côté allemand. Lorsqu’une zone est prise par un camp, qu’une avancée est faite, le camp adverse la reprend. Les hommes ont donc l’impression de se battre en vain, ils ne savent plus pourquoi ils sont dans ces tranchées et ils ont la sensation légitime de vivre un cauchemar sans fin qui ne peut cesser que s’ils trouvent un moyen de quitter la zone de combat pour ne plus y revenir. Mais les hommes qui s’automutilent sont de plus en plus nombreux et finissent par être repérés par leurs supérieurs qui prennent alors des mesures radicales pour enrayer cela : ils fusillent des dizaines de soldats pour « mutinerie » ou « lâcheté au combat ». Ces soldats sont par la suite la honte de leurs familles, ils sont considérés comme ayant manqué de bravoure, mais le plus souvent par ceux qui n’ont pas mis les pieds au combat et n’imaginent même pas ce qui s’y passe.

Inscrivez-vous pour continuer à lire Les automutilations pour échapper à la mort >

Dissertation à propos de Un long dimanche de fiançailles