Cellulairement

par

Cellulairement, une forme de préservation d’identité

Paul Verlaine, reste en captivité entre le 10 juillet 1873 et le 16 janvier 1875, incarcéré pour délit d’homosexualité. L’incarcération le confrontera à un monde totalement inconnu pour lui et le conduira à côtoyer des repris de justice. Forcément en pareille occurrence, il est fort possible que l’on se sente dépaysé, que l’on perde ses attaches, ses valeurs, et que l’on se perde parfois soi-même du fait d’une mauvaise adaptation au milieu et aux personnes. Il est alors indispensable que l’on parvienne à trouver une chose à laquelle se raccrocher. Dans « Cellulairement », VERLAINE inclut des extraits qui décrivent ce qu’est la vie carcérale. L’on y retrouve des extraits parlant du passage du temps, et de plusieurs topoï de l’emprisonnement :

« Un nuage passe,
Il fait noir comme en un four.
              Un nuage passe.
              Tiens, le petit jour ! »,
  
  

De la présence des autres détenus :

« On sonne la cloche,
Dormez, les bons prisonniers !
              On sonne la cloche :
              Faut que vous dormiez ».
  
 De la présence d’animaux :
  
« Dame souris trotte,
Noire dans le gris du soir,
              Dame souris trotte
              Grise dans le noir ».

 Enfin, certains passages invitent les détenus, lui-même compris, à tenter de rester positifs quoiqu’il en soit :
  
« Pas de mauvais rêve,
Ne pensez qu’à vos amours.
              Pas de mauvais rêve :
              Les belles toujours ! »

 Il apparait donc évident que VERLAINE a su trouver dans ses poèmes, une alternative à l’incarcération, car la production des vers d’une telle qualité n’a pas dû se faire en un jour et a certainement absorbé l’auteur, lui faisant du coup penser à autre chose que l’emprisonnement.
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