Cellulairement

par

Cinquième mouvement (sans titre)

C’est ici qu’ontrouve les vers les plus fameux de Verlaine : « De la musique avant toute chose, / Et pour cela préfèrel’Impair ». N’importe qui d’un peu lettré, même s’il n’a jamais lu unseul poème de Verlaine en entier, connaît au moins ces deux lignes. Il est trèssurprenant de trouver « L’Artpoétique », poème majeur qui forme un manifeste de la poésie telleque Verlaine la conçoit, dans Cellulairement, recueil méprisé etméconnu. Dans ce poème, Verlaine affirme sans détour que ce qu’il cherche,c’est la musicalité, et rien d’autre. Cette affirmation esthétique résonneparticulièrement après ces « Vieux Coppées » où Verlaine s’est imposéle style d’un autre.

            Il est d’autant plus surprenant detrouver ce poème ici qu’ensuite le recueil passe à tout autre chose. « L’Art poétique » n’ouvre pas undernier mouvement qui verrait de la théorie mise en vers, mais il entame undernier élan très mystique, où la douleur de vivre mène à Dieu. Les motifsbibliques se multiplient, et l’on sent que Verlaine cherche la foi.

            Le poème qui ferme Cellulairement,« Final », est undialogue entre Dieu incarné dans Jésus et le poète. Dieu veut que le poètel’aime, mais le poète n’y parvient pas. C’est une jolie manière de mettre enscène la crise existentielle que Verlaine subit derrière les barreaux de saprison.

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