Cellulairement

par

Premier mouvement (sans titre)

Dans « Au lecteur », Verlaine expose ses intentions. Clairement, il ne souhaite pas faire de son recueil un descriptif pragmatique de son séjour en prison ni un solo d’auto-apitoiement – « Et de ce que ces vers maladifs / Furent faits en prison, pour tout dire / On ne va pas crier au martyre. » Il fait preuve au contraire d’un certain humour et d'un certain détachement par rapport à sa situation : « Concernant la chose qui m’arrive : / Je compte parmi les maladroits. / J'ai perdu ma vie et je sais bien / Que tout blâme sur moi s'en va fondre : / À cela je ne puis que répondre / Que je suis vraiment né Saturnien. » Ainsi, il ne définit pas explicitement ce que va être son recueil, il le définit en creux, évoquant ce qu'il n'est pas. À nous de comprendre que ce n’est pas parce qu’il est en prison que sa poésie va cesser d’être ce qu'elle est : toujours Verlaine va s’amuser avec les mots, toujours il va chercher à en tirer sa fameuse musique.

            La suite de cette partie se découpe en deux mouvements distincts. Dans un premier temps, Verlaine fait une peinture de son quotidien de prisonnier, naïve dans « Impression fausse », puis amère dans « Autre ». Il en arrive par ce biais à ce point important, qui laisse entendre qu’il se plaît là où il est : « Rien faire est doux ».

            Dans un second temps, il fuit, certainement poussé par le désespoir qui guette (« Berceuse »), que ce soit vers l’ailleurs spatial – avec « Sur les eaux », son esprit, sous la forme métaphorique d’une mouette, s’envole au-dessus des mers – ou vers l’ailleurs temporel – avec « La Chanson de Gaspard Hauser » et « Un...

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