Cyrano de Bergerac

par

Acte V

La gazette de Cyrano

 

Quinze ans ont passé. Nous sommes en 1655. Le rideau s’ouvre sur le parc du couvent des Dames de la Croix. C’est là que Roxane s’est retirée du monde pour pleurer son amour perdu. Elle reçoit quelques visiteurs, comme le comte de Guiche, amer et vieilli. Fidèlement, son cousin Cyrano vient la voir une fois par semaine. Il lui raconte les petits faits du quotidien – c’est sa gazette – et écoute Roxane évoquer son amour pour Christian. Il a gardé son secret et la jeune veuve ignore tout de ce qui s’est réellement passé. Mais ce jour-là, elle perçoit que Cyrano ne va pas bien. De fait, il est tombé dans une embuscade tendue par quelque ennemi – car il a cultivé l’art d’irriter les sots – et a reçu un coup de bûche asséné par un lâche adversaire. Il va mourir, mais tâche de ne rien révéler à Roxane.

Roxane confie ce même jour à Cyrano la dernière lettre de Christian, et lui demande de la lire. L’homme blessé à mort s’en saisit, et commence à en dire le texte à haute voix. Nul besoin pour lui de lire, puisqu’il l’a écrite. Quand tombe l’obscurité, Roxane reconnaît les accents qu’elle a entendus autrefois, lors de la nuit du baiser. Elle comprend que Cyrano l’a toujours aimée et s’est effacé devant plus beau que lui. Cyrano va mourir, mais se dresse encore une fois : il veut mourir debout, la rapière à la main, face à ses ennemis de toujours : mensonges, préjugés, lâcheté, sottise. Et il s’effondre enfin, sans avoir jamais perdu son bien le plus précieux : son panache.

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