Cyrano de Bergerac

par

De Guiche

De Guiche quant à lui,s’affiche bien clairement : homme noble, homme de guerre, hommeorgueilleux, il met cartes sur table, n’ayant aucune peur ni honte à admettrequ’il fut l’employeur des cent spadassins malmenés par Cyrano. Mais c’estsurtout un homme politique, de ceux qui agissent dans l’ombre, et il n’est passans hypocrisie. L’homme qui arrive masqué et dans l’ombre dans l’espoir d’unefaveur amoureuse de la part de Roxane n’a vraiment pour lui que la franchise desa mauvaise conduite. Il utilise son pouvoir à ses fins propres, que ce soit enretenant le régiment des cadets d’aller à la guerre avant de l’y envoyer en finde compte quand cela lui va mieux, ou en le sacrifiant, comme il le dit, pourservir son roi en même temps que sa vengeance. C’est un réaliste qui jette sonécharpe blanche pour ne pas se faire tuer et qui utilise les espions, au prixdu dédain de Cyrano et des autres cadets ; mais il n’admettra pas être aubord de la famine.

Mais son grand masque est surtoutcelui que requiert son statut d’homme du monde : il refuse par exemple delaisser voir son accent naturel de Gascon. Ce n’est qu’au moment d’être galant,où il cesse d’être raisonnable, qu’il oublie de le maîtriser. Devenu Duc deGrammont, sans doute ce qu’il ambitionnait depuis longtemps, il réalisenéanmoins qu’il s’est caché quelque chose de lui-même, parlant de cette gêneobscure au fond de lui. Mais ne lui prêtons pas trop de connaissance desoi : il peut encore croire qu’il n’a « rien fait, mon Dieu, devraiment mal ! », ce à quoi Lignières trouverait peut-être à redire.

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