Cyrano de Bergerac

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Les défauts historiques insignifiants

Ceux qui se sont montrés revêches à l’œuvre de Rostand se sont surtout abrités sous l’étendard du réalisme historique, reprochant à l’auteur d’avoir ignoré la dimension libertine et contestataire du véritable Cyrano. Rostand eut peu de patience avec eux, revendiquant le droit de faire de sa pièce qu’il entendait. Il faut dire qu’il fait moins de tort à l’histoire que ne le fit, par exemple, Schiller, ou d’ailleurs Victor Hugo. Mais il faut admettre que le Cyrano de Rostand n’a que peu à voir avec son modèle, un scandaleux libre-penseur de surcroît homosexuel.

Triste à dire, le succès de la création de Rostand est tel qu’il est quasiment impossible d’étudier le Cyrano historique en esquivant l’entremise de la pièce ; il se trouve toujours là, en travers. Pourtant Rostand a bien puisé à son modèle et à l’époque bon nombre de détails, même s’il n’a aucune scrupule à mélanger les dates ou les événements si cela permet un beau vers. On notera d’ailleurs que le modèle de Christian se prénommait en fait Christophe, et que Roxane est un savant mélange de deux précieuses différentes, Madeleine Robineau et Marie Robineau. Il ne faut donc pas s’effaroucher devant ces anachronismes et autres « erreurs » ; l’auteur en était bien conscient et n’en avait cure. Il disait d’ailleurs lorsqu’on les lui reprochait qu’il les connaissait mieux que personne et qu’il pourrait même en indiquer...

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Dissertation à propos de Cyrano de Bergerac