Cyrano de Bergerac

par

Roxane

Roxane quant à elle porte un vrai masque au cours de la pièce, lorsqu’elle arrive à la pâtisserie de Ragueneau. Simple détail cosmétique de l’époque, visant à préserver le teint pâle et aussi l’anonymat d’une jeune dame en visite, mais aussi représentation de sa personnalité. Plus que les autres personnages, Roxane subit un processus de maturation au cours de la pièce, de son adolescente exclamation : « Eh bien ! J’en mourrais, là ! » à son voyage à Arras. Mais si son masque de précieuse lui sied si bien qu’on le remarque à peine, son amour des mots en est un néanmoins. Comme le dira Cyrano : « Eh quoi ! La précieuse était une héroïne ? »

Son véritable caractère se démasque alors que son amour s’approfondit et change de son appréciation de la fine moustache de Christian aux mots qu’elle croit venir de lui. C’est alors qu’on découvre chez elle le caractère familial, la bravoure insensée. La remarque qu’elle fait à un moment, rappelant qu’elle est, après tout, la cousine de Cyrano, rend le lecteur plus conscient des liens qui unissent ces deux-là et de combien ils seraient bien assortis, d’une autre façon que le couple impliquant Christian – vérité qu’elle ne saisira qu’à la toute fin du drame, lorsque tous les masques tombent enfin et qu’elle découvre que pendant quinze années elle a vécu sans le savoir un mensonge.

La fin de la pièce émeut avec la mort de Cyrano, mais les difficultés qui attendent Roxane, qui réalise qu’elle doit redoubler son deuil, comptent aussi beaucoup dans son aspect tragédie.

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