De rerum natura

par

La doctrine épicurienne

L’une de ces doctrines que Rome rejette est celle du philosophe grec Épicure. Les Épicuriens recherchent un bonheur dont ils ont constaté l’existence parmi les hommes, en renonçant au principe selon lequel leur vie est protégée et régie par les Dieux. En effet, le maître philosophe constate que l’homme ne vit pas suffisamment en lien avec la nature, qu’il la dénigre en attendant son bonheur d’une provenance autre que celle-ci – une provenance divine. Épicure considère donc que le malheur des hommes provient de cette incapacité à chercher et à trouver son bonheur autour de soi, en partant de cette formidable source de richesse et de possibilité qu’est l’environnement, la nature. Ainsi, la comprendre, l’étudier et percer les mystères de son fonctionnement pour pouvoir vivre de manière harmonieuse avec elle, sans la brusquer, sans espérer trop de ses capacités mais en sachant recueillir les fruits qu’elle peut offrir – constituent autant d’enjeux pour les Épicuriens.

Ceux-ci se contentent donc d’une vie simple et sereine, en sachant profiter – ou du moins en tendant vers cet objectif – de ce que la nature peut leur apporter, sans exiger d’elle davantage. Ainsi, cette vie qui se réjouit des ressources seules dont on dispose, a été victime d’un contresens majeur qui a donné son terme actuel au mot « épicurien ». En effet, on désigne désormais par ce nom une personne qui « vit au jour le jour », dépense sans compter et jouit des plaisirs de la vie avec excès. Cette erreur est de taille : certes, l’épicurien vit « au jour le jour » en ce qu’il ne perd pas de temps ni d’énergie à espérer de la nature et de l’existence qu’elle lui offre ce qu’elle n’a pas, mais il n’abuse pas pour autant d’elle. Il se contente de ce qu’il reçoit d’elle et tire son bonheur de vivre en accord avec cette nature.

La compréhension de la nature est donc primordiale chez les Épicuriens. Ceux-ci peuvent ainsi mieux envisager la mort, la comprendre, l’analyser, et ainsi ne plus en avoir peur ni être obsédés par ce qui arrive après. Une fois cette terreur récurrente chez l’homme vaincue, l’Épicurien peut vivre sereinement, et de manière harmonieuse et sage.

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