De rerum natura

par

Livre I

Le premier livre fait office d’introduction à l’œuvre. Aprèsavoir fait une double dédicace, l’une à Vénus, déesse de la nature et de lavie, l’autre à Memmius, un référent apparemment réel mais dont on n’a pas gardéde trace historique, l’auteur installe une opposition entre religion etscience, entre superstition et rationalisme. À ses yeux, il ne faut pas avoirpeur des dieux, car, puisqu’ils sont heureux, ils ne se préoccupent pas du sortdes hommes. En outre, Lucrèce retourne l’argument de l’impiété comme crime enobjectant, avec l’exemple coutumier du sacrifice d’Iphigénie, que la religionest bien plus meurtrière. Il fait alors l’éloge – sans le nommer – d’Épicure, figurerécurrente de l’œuvre qui apparaîtra quasiment à chaque début de livre, en ledécrivant comme celui qui, pour la première fois, a osé affirmer le genre depropos matérialiste qu’il tient, et se pose comme un vulgarisateur de cecourant de pensée grec.

         Lucrècepoursuit son blâme en soulignant les dangers de la fiction, porteuse d’erreurset d’illusions, et l’incertitude des religions quant à la nature de l’âme et dela mort. Comme alternative à toutes ces croyances qu’il dit être sans fondements,il propose la science. Dès lors, le premier livre se transforme en traitéscientifique dont voici les points importants :

         – Lucrècepose que « Rien ne naît de rien ; nul élément premier ne périt »,et préfigure le « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout setransforme » de Lavoisier.

         – Il développeune théorie atomiste : il existe de la matière et du vide, la matièreétant la combinaison d’atomes insécables, immuables et éternels.

         – Lucrèceréfute les autres théories scientifiques en vigueur : d’une part, lesthéories d’Héraclite, de Xénophanes, de Parménide et d’Empédocle, qui postulentque le monde s’est créé à partir d’un ou deux éléments ; d’autre part, l’homoeoméried’Anaxagore qui pense par exemple qu’« un os est fait de petits os »et que « la terre consiste en plus petites terres ».

         – Lucrècedémontre enfin que l’univers est infini et, par ce biais, que la Terre et soncentre n’en sont en aucun cas le milieu.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Livre I >