De rerum natura

par

Les principes fondamentaux de l'atomisme

De rerum natura est avant tout un ouvrage qui vise à affranchir l’homme de ses peurs et à lui permettre de vivre en harmonie avec la nature dont il expose les principes fondateurs. Pour ce faire, Lucrèce essaie de séparer l’humanité des croyances qui l’empêchent de parvenir à son véritable potentiel. Pour lui, le principe qui gouverne l’univers est le matérialisme. Et on ne peut parler de matérialisme sans pousser l’étude jusqu’au niveau des atomes qui en sont les éléments constitutifs. Lucrèce affirme que toutes les choses dans l’univers sont faites d’atomes et de vide – des atomes qui composent le monde matériel et même l’âme humaine :

« Ainsi des éléments dont mon vers est la somme ;

Quelquefois différents, communs pour la plupart,

Leur valeur est dans l’ordre où les dispose l’art.

C’est ainsi que partout opère la Nature :

Avec les mouvements des germes, leur figure,

Leurs distances, leurs poids, leurs chocs et leurs accords,

Varie incessamment la figure des corps ».

Ainsi, « La matière n’est pas un bloc dense et solide » selon Lucrèce et les atomes qui nous composent sont soumis à de perpétuels mouvements au cours desquels ils peuvent se rencontrer pour donner naissance à de nouvelles compositions. Ici, l’auteur prête aux atomes une forme de libre arbitre, une volonté propre qui est, somme toute, l’origine du monde. L’âme humaine étant composée d’atomes, elle est dotée du libre arbitre et ne peut donc être sujette à des divinités qui auraient prédéterminés sa destinée. C’est cette volonté des atomes que Lucrèce appelle le clinamen. Mais la conséquence de ce principe est que ce n’est plus uniquement l’homme qui est doté du libre arbitre, mais tout l’univers, car il est composé d’atomes.

De même, la nature a une volonté réelle dont l’auteur se sert pour donner naissance à sa théorie selon laquelle les espèces ont été créées par la nature en agençant différents atomes de sorte qu’ils donnent forme à des espèces différentes. Il est donc arrivé que des espèces monstrueuses aient été créées, des espèces mal adaptées à la survie. Et il suppose que la nature en a proscrit l’existence afin de ne laisser sur terre que les espèces les mieux accomplies :

« Certes, la terre antique essaya d’enfanter

Des êtres singuliers, imparfaits ou complexes […]

Monstres que prodiguait la terre en sa jeunesse !

Mais en vain : la Nature en proscrivait l’espèce.

Ni pâture pour eux, ni fécondes amours.

Ils ne purent atteindre à la fleur de leurs jours »

L’atomisme de Lucrèce tend à abolir les croyances qui font de l’homme une créature craintive qui justifie ses malheurs par l’œuvre de telle divinité ou telle autre en démontrant scientifiquement l’existence d’un libre arbitre de l’homme et de tout l’univers. Mais il est intéressant de souligner qu’il commence son œuvre par un hymne à une telle divinité, comme s’il tentait de signaler que le libre arbitre peut être de croire en des choses divines.

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