La Femme de trente ans

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Chapitre I : Premières fautes

Un certain dimanche de 1813, à Paris, le père de Julie met sa fille en garde contre son amour pour l’officier Victor d’Aiglemont, alors que tous deux regardent défiler une parade militaire à la gloire de Napoléon. Julie finit par promettre à son père de ne plus penser à lui, sans comprendre la nature de ses mises en gardes : le comte d’Aiglemont a selon son père une « gaieté sans esprit », c’est un « ignorant » et un « égoïste », il ne peut rendre une femme heureuse.

Mais un an après cet entretien, Julie se marie à Victor d’Aiglemont et devient la marquise d’Aiglemont. Victor emmène Julie dans sa maison en Touraine, chez sa grand-tante, la comtesse de Listomère. Julie se lie d’amitié avec la comtesse qui prend la jeune femme sous sa protection et la considère comme sa fille. Elle devine son amour décroissant pour Victor en lisant une lettre que Julie est en train d’écrire pour prévenir Louisa, une amie d’enfance sur le point de se marier, de ce que fut son propre mariage. Mme de Listomère ouvre alors à Julie les yeux sur sa situation avec Victor : « vous aimeriez mieux être sa sœur que sa femme », et elle tente de lui faire comprendre qu’elle s’est trompée d’homme comme son père l’avait prédit.

En 1817 elle et Victor ont une fille, Hélène, mais en 1819 la froideur s’est installée entre les mariés. Ils se respectent mutuellement mais Victor « s’est déshabitué d’elle ». En janvier 1820, Victor revient d’une soirée qu’il a passée sans sa femme. Durant sa conversation avec Julie il s’exprime avec « cette insupportable gaieté dont le vide était si connu de la marquise ». Elle devine, aux expressions et phrases de son mari, que lors de cette soirée une femme lui a volé son cœur ; il s’agit d’une dénommée Mme de Sérizy. Durant les jours suivant, Julie dissimule son chagrin à Victor pour préserver sa dignité, mais cet événement fait sombrer un peu plus son mariage.

Mme de Listomère décrit à Julie l’amour d’un jeune lord anglais, Arthur Ormond, qui n’ose pas tenter une approche. Cependant ces paroles ne suscitent que le dédain de la marquise. Au fur et à mesure que l’aigreur de Julie à l’égard de Victor augmente, elle se laisse cependant séduire par lord Ormond, qui lui propose finalement de tuer Victor afin qu’ils puissent tous deux avoir le champ libre pour mener une vie heureuse. Mais Julie remet l’étude de cette proposition à plus tard et lui demande de mettre un terme à ses visites. Lors d’une conversation avec Louisa, Julie confie à son amie qu’elle prend du laudanum pour supporter sa vie après son mariage désaccordé. Arthur, ne pouvant supporter l’absence de Julie, revient vers elle avec l’intention de provoquer leur suicide commun pour que leur amour s’accomplisse d’une façon ou d’une autre, mais à sa vue, il abandonne son « fatal projet » et « trouve le courage de mourir seul ». Après sa mort, la rumeur veut que lord Ormond soit mort pour sauver l’honneur d’une maîtresse. Victor d’Aiglemont, dans sa vanité et sa niaiserie, pense que ce suicide relève d’un « trait d’héroïsme », mais il n’imagine pas que sa femme ait pu en être l’inspiratrice.

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