La Guerre de Troie n'aura pas lieu

par

L’amour : prétexte et raison

En incitantà éviter un tel gâchis, un tel bain de sang, c’est également la notion d’amourque prône l’auteur : la guerre, qui symbolise ici le gâchis et le combatvain est inutile, a été déclenchée par un amour physique et impur entre Pâris etHélène, et non pas au nom de l’amour véritable. Celui-ci n’est pourtant pasabsent de l’œuvre puisqu’il est incarné par le couple que forment Hector etAndromaque. Cependant, malgré cet amour pur qu’Hector voue à Andromaque, et ceréciproquement, malgré cette volonté individuelle de l’homme de ne plusguerroyer conformément à une promesse faite à la femme, la fin de l’œuvre seratout de même tragique. L’auteur nous montre ainsi que même l’amour, si beausoit-il, ne peut sauver Troie s’il n’est pas plus partagé, et que c’est àl’humanité tout entière de se dévouer en entretenant une paix difficile àinstaurer et à conserver. L’idéal humaniste de l’auteur nous montre donc qu’ilcroit en la capacité des hommes à s’entendre, mais qu’il ne sous-estime pas lesdifficultés à franchir pour y parvenir.

 « HECTOR :Mon poids ? Ce que je pèse, Ulysse ? Je pèse un homme jeune, une femme jeune,un enfant à naître. Je pèse la joie de vivre, la confiance de vivre, l’élanvers ce qui est juste et naturel.

ULYSSE : Je pèse l’homme adulte, la femme de trenteans, le fils que je mesure chaque mois avec des encoches, contre le chambranledu palais […] Mon beau-père prétend que j’abîme la menuiserie […] Je pèsela volupté de vivre et la méfiance de la vie. »

C’està cet effort mutuel de compassion et de tolérance que Giraudoux exhorte leshommes avec la scène entre Hector et Ulysse où ceux-ci parviennent malgré leursdifférends à trouver un terrain d’entente. L’humanité devrait donc n’avoir quele seul souci de conserver les choses qui lui sont chères, et toutes lesguerres, tous les conflits, devraient céder face à la l’importance et l’amourde la vie, des siens.

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