Le château de ma mère

par

Augustine

Le titre du roman indique qu’il est dédié àAugustine, la mère de Marcel. Dès les premières pages, l’enfant voit qu’ellen’est pas exactement au diapason du reste de la famille : elle ne partageque modérément l’enthousiasme matinal des chasseurs. Ensuite, elle se montreplus pragmatique que son instituteur de mari : peu lui importent lesgrands principes moraux dont il se drape, elle agit pour que la famille puisseprofiter plus longtemps des délicieux dimanches à la campagne en bafouant lasacro-sainte règle : on ne demande pas de faveur à qui que ce soit ; etla voilà qui demande, en toute simplicité, à l’épouse du directeur de l’écoleque Joseph soit libéré de cours le lundi matin. Surtout, elle voit grandir sonpetit garçon : elle perd un bambin qui va devenir un homme, ce quiprovoque chez la plupart des mères au moins un fort pincement au cœur.

Cependant, à travers la tendre adoration qu’ilvoue à sa mère, Marcel perçoit sa faiblesse physique : c’est une femmeactive mais pas infatigable, et les longs trajets vers les Bellons l’épuisent.Elle est sensible et supporte mal la tension nerveuse qu’engendrent lespromenades clandestines le long du canal, au point que l’épisode del’humiliation en présence du garde se clôt sur Augustine qui s’évanouit

Ces inquiétudes diffuses trouvent une tragiqueconclusion quand Marcel, en quelques lignes, évoque les obsèques de sa mère,sans préciser quel mal l’a emportée, cinq ans seulement après l’heureuse issuede l’affaire du garde. Elle est décédée des suites d’une pneumonie, à l’âge detrente-six ans.

Mais c’est son image qui illustre la dernièrepage du roman : la vie a vengé les Pagnol et Marcel a acheté, sans lesavoir, le château et le parc qui ont vu son père humilié, son frère et sa sœurterrorisés, et Augustine effrayée au point de perdre connaissance. Marcel aoffert à sa frêle maman un château pour l’éternité. 

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