Le château de ma mère

par

Lili

Premier véritable ami dans la vie de Pagnol, c’est un personnage nouveau mais essentiel. Tout d’abord, il est l’ami, celui avec qui on partage secrets et faiblesses (comme lors de la tentative avortée d’exil dans la colline), joies (comme lors du réveillon) et chagrins (comme lors de l’aventure avec le garde). Ensuite, Lili incarne un monde voué à disparaître : celui des paysans vivant en autarcie, se nourrissant du produit de leur chasse et de ce qu’ils cultivent. Lili vit pleinement au rythme des saisons : pour lui, fréquenter l’école n’est qu’une activité secondaire dont les exigences passent après celles de la chasse. Il vit en totale communion avec la nature, être libre sans contraintes sociales ni professionnelles ; il est une sorte d’enfant sauvage dont la liberté ne peut que fasciner Marcel.

« Lili savait tout ; le temps qu’il ferait, les sources cachées, les ravins où l’on trouve des champignons, des salades sauvages, des pins-amandiers, des prunelles, des arbousiers […]. Avec un roseau, il faisait une flûte à trois trous. » Cet enfant est un puits de science qui ne fait qu’un avec les collines, alors Marcel l’admire. Peu jaloux de ses secrets, il les partage avec ce dernier, au nom de l’amitié. En outre, il est poli, serviable, gentil. Certes, c’est un braconnier et il ne respecte pas toujours les lois de la République, mais c’est au nom d’une liberté individuelle très saine. Jamais il ne songe à faire de mal à autrui.

En quelques brèves lignes, Pagnol apprend au lecteur ce qu’il advint de son ami : il est mort lors de la Grande Guerre, à peine plus de dix ans après les événements relatés dans le roman. Il repose au cimetière de la Treille, non loin de Paul. Il a été depuis rejoint par tous les protagonistes du Château de ma mère

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Lili >