Le château de ma mère

par

Marcel

Narrateur et personnage central du roman, Marcel est l’enfant qu’était l’auteur. Le lecteur le retrouve tel qu’en lui-même au début du roman : petit garçon sage à l’imagination débordante, excellent élève qui n’en tire pas gloire et qui n’aime guère l’école, grand lecteur tombé amoureux de la campagne à la lisière de Marseille. Au fil des pages il grandit, jusqu’à atteindre la lisière de l’âge d’homme et la franchir dans les ultimes pages du récit.

Notons d’abord que tout au long de cette évolution, le lecteur voit Marcel se séparer de Paul, son petit frère, qui n’est plus son compagnon de jeu privilégié. Paul reste à la maison, auprès de leur mère, tandis que Marcel court dans les collines avec Lili.

La première étape est la découverte de l’amitié avec, justement, Lili des Bellons. Lili est plus qu’un copain, il est un ami. Ce qui unit les deux garçons est le même sentiment que celui qui lie Joseph et Jules, et que Marcel voit s’exprimer lors de la soirée du réveillon : malgré les différences (d’opinion entre Joseph et Jules, sociales entre Marcel et Lili), un lien fort et durable peut exister entre deux êtres et enrichir leurs vies.

Puis Marcel va faire un pas vers l’avenir : la réussite au concours des bourses, qui lui permet d’intégrer sans problèmes matériels le monde du lycée. Entrer au lycée, c’est quitter l’école communale et le monde de l’enfance, et le premier pas vers l’adolescence.

Ensuite, Marcel va apprendre qu’un homme, fût-il un héros comme l’est son père à ses yeux, n’est pas d’une seule pièce : les principes qui mènent sa vie peuvent être remis en cause (quand le père accepte d’utiliser la clé qui ouvre les portes du canal), et il peut se trouver en position d’impuissance, incapable de défendre les siens (quand le garde l’humilie en faisant étaler sur l’herbe les bagages de la famille).

Enfin, ultime étape vers l’âge d’homme, Marcel évoque l’irréparable perte, celle de sa mère qui décède quand il a quinze ans, puis celle de son ami Lili et de son frère Paul.

Le Château de ma mère se révèle comme un roman d’apprentissage, au contraire de La Gloire de mon père qui peut être lu comme un roman de jeunesse : Marcel découvre certains grands événements de l’existence : l’amitié, l’altérité, la mort. Et l’amour ? Cela viendra, dans Le Temps des secrets

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