Le château de ma mère

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Résumé

Les vacances se poursuivent pour Marcel et safamille, dans l’été provençal de ce tout début de XXe siècle.Auréolé de gloire après avoir tué en plein vol les fameuses bartavelles,Joseph, le père, poursuit ses parties de chasse avec l’oncle Jules. Cette fois,Marcel les accompagne et aide les chasseurs dans leur quête de gibier. C’est enparcourant les collines proches du hameau des Bellons qu’un jour Marcel croiseun petit garçon de son âge, Lili. C’est le fils de François, le paysan qui atransporté les meubles de la famille à la Bastide-Neuve, au début des vacances.Une grande amitié va naître entre les deux garçonnets. Lili connaît lescollines par cœur, et va les faire découvrir à l’enfant de la ville qu’estMarcel. Quand ils n’aident pas les chasseurs, ils tendent des pièges afind’attraper perdreaux, alouettes et autres volatiles. Ils marchent des heuresparmi les pins, les chênes kermès et le thym, et ils parlent beaucoup. Lilidécrit la nature, les animaux, les plantes, les sources, et en retour Marcelraconte la ville, ses lumières et ses bruits.

Sur la table familiale, les oiseaux piégés parMarcel s’ajoutent au gibier abattu par Joseph et l’oncle Jules. Ce sontAugustine, la mère de Marcel, et sa sœur Rose, épouse de Jules, qui lespréparent. La vie est merveilleuse pour tous, sauf pour Paul, le frère deMarcel, qui se sent maintenant oublié de son aîné. Ils sont loin, les rires dudébut des vacances, quand les deux enfants jouaient au chef indien, et Paul seconsole en taquinant la petite sœur, victime impuissante de ses plaisanteriesd’enfant. Mais le ciel de cette vie idyllique s’assombrit un jour quand delourds nuages d’orage obscurcissent le ciel : le temps a passé, et l’étéva finir. Un événement terrible va briser ce bonheur qui semblait éternel :la rentrée des classes ! C’est pendant ce premier orage d’été que Marcelet Lili sont surpris par l’averse, et la tempête qui se déchaîne les pousse àse réfugier dans une grotte au cœur d’un vallon. Bien abrités, les deux garçonscontemplent le spectacle grandiose de la pluie qui tombe, des torrents quigrossissent et de la foudre qui frappe les pins. C’est alors qu’ils remarquentdeux yeux qui les fixent : ce sont ceux d’un grand-duc, le« grosibou », un grand oiseau nocturne qui niche dans la grotte. Lesdeux garçons sont contraints de quitter leur refuge et regagnent à toutesjambes la Bastide-Neuve. Une fois à l’abri et pendant qu’on les sèche devant lefeu, Marcel assiste aux premiers préparatifs du départ ; cette foisencore, François aidera la famille au déménagement. Marcel prend unedécision : pas question de quitter ses chères collines.

Il décide de quitter sa famille pour restervivre ici en ermite. La nature pourvoira à ses besoins : il piégera desoiseaux, cueillera des fruits, il fera même pousser des légumes. C’estdécidé : il part ! Au matin, il laisse sur la table de la cuisine unelettre d’adieu – à l’orthographe incertaine – et rejoint Lili qui l’attend.Mais quand il se trouve au pied du mur, il sent sa résolution fléchir. Il serabien seul, dans les collines, et sa famille sera loin… De plus, n’y a-t-ilpas un berger fantôme qui hante la pinède ? Marcel fait demi-tour, revientà la maison, détruit la lettre et rejoint son lit. Joseph n’a rien remarqué –enfin, c’est ce que croit Marcel – et la famille repart pour la ville.

Les jours et les semaines passent,interminables. Marcel s’ennuie à mourir dans la grise salle de classe. Enoutre, tous les maîtres de l’école lui donnent des leçons supplémentaires afinde le préparer au concours des bourses qui l’attend à la fin de l’année. Aussi,quand la famille retourne à la Bastide-Neuve pour y fêter Noël, l’enfant estravi. Le Noël provençal est un des plus beaux qui soit, et rien n’ymanque : cadeaux, vin cuit, feu de bois, et surtout l’amour familial. Lesenfants sont tellement heureux qu’Augustine déclare à Joseph qu’il leur faut monteraux Bellons tous les samedis. Dame, répond Joseph, le chemin est long, et le tempsleur paraîtra bien court car l’instituteur retourne au travail dès chaque lundimatin. Augustine fait alors jouer l’amitié qui la lie à l’épouse du directeurde l’école où travaille Joseph, qui se voit déchargé de service les lundismatins. C’est ainsi que la famille peut quitter Marseille chaque fin de semaineet s’épanouir loin de la ville. Cependant, la route est longue et bienfatigante, puisqu’elle contourne de vastes propriétés qui longent le trajet.Mais le destin réserve un cadeau à Joseph et à sa famille. Un jour,l’instituteur a la surprise de croiser Bouzigue, un ancien élève devenuvérificateur au canal. Le canal, c’est celui qui amène l’eau à Marseille, et Bouzigueest chargé d’en vérifier l’état et le bon fonctionnement. Or, il se trouve quece fameux canal traverse en ligne droite les propriétés que la route contourne.Bouzigue convainc Joseph d’accepter la clé qu’il lui offre : elle ouvreles portes qui séparent les propriétés sur le parcours du canal. Suivre cechemin raccourcirait la route de plusieurs heures. Joseph se laisse convaincre,et la famille adopte ce nouvel itinéraire.

Cependant, Joseph n’oublie pas que ce qu’ilfait là est illégal : sa famille et lui traversent sans autorisation despropriétés privées. Au fil du temps, ce qui pourrait être un danger setransforme en plaisir, car la famille va rencontrer de braves gens qui, loin deles chasser, vont les traiter en amis. Il y a d’abord Dominique, sympathiquejardinier qui offre des légumes à Augustine, et il y a le comte, authentiquearistocrate héros de la guerre de 1870, qui reçoit la famille chaque semaine enleur offrant à goûter. Il n’y a guère que le dernier château, surveillé par ungarde malveillant flanqué d’un chien, qui inspire encore de la crainte à Marcelet aux siens. Tout se présente donc pour le mieux quand la famille monte auxcollines en ce début de vacances d’été. Las ! C’est ce jour-là que legarde a attendu pour les appréhender : il leur fait déballer leurs affaires,les rudoie, et surtout humilie Joseph devant ses enfants. Quant à Augustine,elle perd connaissance sous le coup de l’émotion. L’honnête instituteur estmortifié et très inquiet : et s’il était révoqué ? N’a-t-il pas, lui,fonctionnaire, commis une faute ? C’est compter sans le brave Bouziguequi, avec l’aide de deux amis, retourne la situation et convainc le garde dedéchirer le procès-verbal qu’il avait établi. La famille a frôlé le drame, a eule temps de compter ses économies, mais tout est bien qui finit bien :deux mois merveilleux attendent Marcel.

Les années passent et apportent leur lot dechagrin : Augustine meurt quand Marcel n’a que quinze ans, puis c’est Liliqui part, tué pendant la guerre, et c’est au tour de Paul de s’en aller, de maladie.Au fil du temps, Marcel est devenu un grand cinéaste, et il décide d’acquérirun domaine près de Marseille, sans l’avoir vu au préalable, afin d’y construiredes studios de tournage. Or, c’est le château maudit, celui de l’humiliation deson père, celui de la terreur d’Augustine qu’il a acheté. Comme un symbole,Marcel adulte détruit la porte qui n’avait pas voulu s’ouvrir devant eux, et sesouvient de sa mère : « Blême, tremblante, et pour jamaisinconsolable, elle ne savait pas qu’elle était chez son fils. »

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