Le Meurtre de Roger Ackroyd

par

Du bon usage des « petites cellules grises »

Hercule Poirot est intelligent, plus intelligent que la plupart des personnages qui l'entourent. Mais est-il plus intelligent que le Dr Sheppard, que Flora Ackroyd, que Ralph Paton, par exemple ? Pas nécessairement. La supériorité du détective belge vient de l'usage systématique qu'il fait de son arme absolue : la raison.

La plupart des personnages du roman d'Agatha Christie agissent ou parlent sous le coup de l'émotion, donc sans réfléchir. Poirot, au contraire, ne se laisse jamais aller à cette faiblesse humaine : il ne dit pas tout à son « acolyte » Sheppard, il ne révèle pas la découverte de l'alliance dans le bassin, il ne partage que des informations soigneusement choisies. C'est ce qu'il appelle sa « méthode » : passer chaque élément de l'enquête à l'épreuve de la raison, ne rien considérer comme acquis, ne jamais se fier aux apparences. Cette méthode lui permet d'acquérir un détachement par rapport aux événements et fait taire ses émotions.

Un exemple de cette différence d'approche entre émotion et raison est la conviction de Flora Ackroyd quant à l'innocence de Ralph Paton : l'amitié qu'elle a pour lui l'amène à sentir que le jeune homme est innocent, mais elle est incapable de le prouver. Poirot ressent certainement quelque chose, mais peu lui importe : il s'agit de prouver, pas d'éprouver. Aussi cherche-t-il, patiemment, inlassablement, et ajoute...

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Dissertation à propos de Le Meurtre de Roger Ackroyd