Le Théâtre et son double

par

LE THÉÂTRE ET LA CRUAUTÉ

« Tout ce qui agit est une cruauté ». Artaud présente un théâtre nouveau, qui retourne vers l'idée d'une action sur le spectateur : comme les rêves, qui provoquent des sentiments réels chez le dormeur, le théâtre doit extraire de toutes les atrocités humaines comme les crimes et les guerres leurs forces et les diriger vers la sensibilité du spectateur. La séparation entre le corps et l'esprit du théâtre psychologique occidental a empêché une telle expiation : il faut retourner aux éléments sensibles présents dans la scène pour retrouver l'expression vive des pulsions tapies au fond de l'homme.

Ainsi le théâtre a-t-il une véritable fonction, et il « ne pourra redevenir lui-même […] qu'en fournissant au spectateur des précipités véridiques de rêves, où son goût du crime, ses obsessions érotiques, sa sauvagerie, ses chimères, son sens utopique de la vie et des choses, son cannibalisme même, se débondent, sur un plan non pas supposé et illusoire, mais intérieur. » Lumières, éclairages, mise en scène, instruments de musique, costumes, objets, décors, scène et salle deviennent des éléments centraux dans la représentation, plus centraux que les textes ou les intrigues.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur LE THÉÂTRE ET LA CRUAUTÉ >