Le Théâtre et son double

par

L'imagicité au service de la démonstration

Cette écriture particulière se fonde sur de nombreuses images: Artaud décrit ainsi les représentations balinaises sur lesquelles il fonde sa théorie. Mais c’est le premier chapitre, où il dresse une analogie entre la peste et le théâtre, qui exploite le plus profondément le pouvoir de l’image, et l’utilisation qu’en fait Artaud. Ce récit des ravages de la peste pendant la Renaissance, la peinture des symptômes physiques et de la pourriture des corps, la représentation dérangeante des exactions humaines pendant ces temps de survie, tout cela sert une démonstration charnelle qui défend un théâtre lui-même charnel. Le corps et l’animalité sont au centre de cette esthétique qui regroupe à la fois le théâtre défendu par Artaud et son esthétique globale d’écriture.

« Si le théâtre est essentiel comme la peste, ce n’est pas parce qu’il est contagieux, mais parce que comme la peste il est la révélation, la mise en avant, la poussée vers l’extérieur d’un fond de cruauté latente par lequel se localisent sur un individu ou sur un peuple toutes les possibilités perverses de l’esprit. »

 

 

         Le Théâtre et son double présente donc une théorie dramatique à travers une écriture charnelle et torturée, qui porte en elle les grandes lignes de toute représentation théâtrale. Artaud renouvelle à la fois le théâtre et l’écriture essayiste, qui oscille entre récit et théorie, image et démonstration.

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