L'eau des collines

par

Jean Cadoret

Ilest le fils de Florette Camoins. On le croit fils d’un forgeron de Crespin, levillage voisin, mais il est le fruit des amours de Florette et César Soubeyran.Une fois enceinte, la jeune femme a informé César de son état, mais l’homme,soldat en Afrique, n’a jamais reçu la lettre. Le drame que relate le livre partde cette lettre égarée. Quand il arrive à la ferme de ses aïeux où il veutdésormais vivre, il est très mal perçu par les habitants du village : nonseulement il est un étranger, mais en outre il vient du village ennemi. Pourcouronner le tout, il exerce le métier de percepteur, donc ce n’est pas unpaysan. Enfin, il est bossu.

Pourtant,Jean Cadoret est plein d’espoir et d’illusions : « Après avoirbeaucoup travaillé – je parle du travail de l’esprit – et après avoirlonguement médité et PHILOSOPHÉ, je suis arrivé à la conclusion irréfutable quele seul bonheur possible, c’est d’être un homme de la nature. J’ai besoind’air, j’ai besoin d’espace pour que ma pensée se cristallise. […] Je suis venuici pour cultiver l’AUTHENTIQUE ». Il est l’ami du genre humain, il aimela musique et ravit sa femme et sa fille en jouant de l’harmonica. Il accueillel’amitié que lui offre Ugolin avec plaisir. Certes, il se sent supérieur auxautres car il est instruit, mais c’est un homme bon. Hélas, il ne remet jamais sonsystème de pensée en question, et s’enferre dan ses raisonnements qui n’ontparfois que l’apparence de la rigueur, et le naïf garçon va être confronté à laterrible réalité. Ses rêves d’élevage de lapins et de culture de légumesexotiques se fracassent contre la cruauté du manque d’eau. En Provence, onmeurt de sécheresse, et l’eau est un bien plus précieux que les livres.

Alors,Jean Cadoret va chercher de l’eau, et va entraîner sa femme et sa fille danscette quête insensée. Cette famille bourgeoise qui vivait dans une certaineaisance va descendre peu à peu vers la misère matérielle. L’idéal rousseauistes’efface pour laisser place au tableau de l’homme qui plusieurs fois par jourva chercher de quoi arroser ses cultures : « accablé par le poids del’eau, il s’accrochait à la queue de [l’ânesse], et marchait comme un automate,les yeux fermés, en insultant à mi-voix le Destin, la Providence et leSahara. ». Ce spectacle est poignant mais au village, « Il y en a queça faisait rigoler. » Jean Cadoret se met à boire, l’alcool altère sonjugement. En désespoir de cause il décide de creuser une citerne pourrecueillir l’eau de pluie, utilise de la dynamite pour le faire et finit tuépar la chute d’une pierre, à deux pas de la source cachée par le Papet et Ugolin.Il meurt à la fin du premier volume de l’œuvre.

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