L'eau des collines

par

Manon Cadoret

Elleest la fille de Jean et Aimée Cadoret, la petite-fille de Florette, et, ce quetous ignorent, la petite-fille du Papet. Dans le premier volume, c’est unepetite fille rieuse qui vit dans l’adoration de son père, qu’elle voitlentement dépérir et s’épuiser par un labeur inhumain. Sa mort est un drameterrible, la perte de la maison un déchirement. Quand elle assiste, cachée, àla délivrance de la source par le Papet et Ugolin, elle lance « un cridésespéré, strident et monotone, que les échos renvoyaient à travers lespinèdes ». La nature entière est témoin de son désespoir.

Quandon retrouve les personnages au début de la deuxième partie de l’histoire,« Manon venait d’avoir quinze ans, mais elle était plus grande que sonâge » ; elle a les « bras bruns griffés par les argéras et lesaubépines, et [de] longues jambes musclées » ; « Ses cheveux, çaressemble à de l’or. Ses yeux, ça ressemble à la mer ; ses dents, çaressemble à des perles ». Elle vit avec sa mère dans la grotte de Giuseppeet Baptistine. Elle garde des chèvres, tire des fromages de leur lait. Elle esten totale communion avec la nature. Elle exècre le Papet et Ugolin, « descriminels qui ont volé [l’eau] de [son] père », et ne fréquente pas lesgens du village à qui elle voue une haine farouche parce que personne n’a tenduune main secourable au pauvre bossu mort à la tâche : « Il y en a queça faisait rigoler. »

Quandse présente l’occasion de se venger en privant la fontaine du village de l’eaude la source, elle n’hésite pas, et assiste avec délectation à l’agonie duvillage. Il faudra toute la persuasion de l’instituteur, dont elle est tombéeamoureuse, pour qu’elle pardonne et rende la vie à ceux qu’elle voulait voirmourir : « Si votre père vivait encore, et qu’il eût le pouvoir deleur rendre la source, que ferait-il ? ». Elle épouse finalement l’instituteuret donne naissance à un petit Jean durant la nuit de Noël. 

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