L'eau des collines

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L’eau, la nature, la naïveté

Toutdans cette histoire est centré sur l’eau, nécessité vitale dans cette régionsouffrant de sécheresse. En trouvant le moyen d’assécher les Bastides toutcomme les terres de son père ont été condamnées à la sécheresse, Manoninfligera une vengeance parfaite, forçant les habitants à se confronter à unpays aussi aride que leurs cœurs. L’eau est la pitié de la nature pour ceux quihabitent ces terres. En rétablissant le cours de la source avant que les Bastidiensne soient vaincus par la soif, Manon a pitié d’eux, même si personne n’a faitpreuve de se sentiment vis-à-vis de son père.

Lecaractère impitoyable de la nature est le grand défaut dans les plans de Jeande Florette. En somme, il n’y croit pas, préférant se fier aux statistiques. Ilne peut non plus croire à la méchanceté des hommes. Sa naïveté est apparentedès sa première entrée en scène : il ne voit que le beau de la nature,s’extasiant avec sa femme devant des plantes qu’un fermier comme Ugolin neconsidère que comme des ronces qui entravent la culture. Cet amour outré de lanature paraîtrait déjà inadéquat chez un estivant, mais il est fatal pour lecultivateur que veut être Jean. On notera d’ailleurs qu’au cours de Jean de Florette, les allusions à labeauté de la nature s’évaporent avec les espoirs de Jean ; seuls peuventadmirer la nature ceux qui n’ont pas à l’affronter.

Maisla naïveté de Jean ne sera jamais entièrement vaincue : s’il se met àréaliser la dureté de la nature, il ne déchiffrera jamais le cœur des hommes. Hommebon, il a le défaut de ses qualités : il est incapable d’envisager lanoirceur possible chez d’autres. L’hypocrisie d’Ugolin lui est inimaginable,surtout que la plupart des conseils que lui donne le Bastidien sont excellents.De même il ne saura jamais les détails du passé de sa femme ; de touteévidence Aimée a un passé beaucoup plus mouvementé que Jean ne pourraitl’imaginer.

Ilgarde donc la plupart de ses illusions intactes, ou du moins en donnel’impression. Son seul moment de révolte sera au cœur de la nuit, quand l’oragetant espéré se fracasse contre le pic du Saint-Esprit. Toute la colère qu’ilgarde en lui s’exprime alors. En vain. Mais on aperçoit pendant un court momentune autre dimension de sa personne, quelque chose qu’il cache aux deux femmesde sa vie. C’est le seul moment où l’effet de sa bosse sur son esprit, sur savie, se matérialise. Exténué par l’effort physique, ne buvant plus que du vin,ses pensées s’altèrent. De naïf qu’il était, il devient obsédé, incapabled’accepter la faillite de ses efforts. Il est permis de penser que dans lesdernières semaines de son calvaire, il est véritablement dérangé.

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