Les Diaboliques

par

Mlle Albertine

Ses parents préfèrent l’appeler Alberte (p.28) et elle ressemble à une archiduchesse. Elle revient de pension et vit désormais chez ses parents. C’est une femme à la beauté insaisissable, d’une aura énigmatique. On aime souvent à dire que le fruit ne tombe jamais loin de l’arbre mais dans le cas d’Albertine c’est tout le contraire : « Leur fille ! Il était impossible d'être moins la fille de gens comme eux que cette fille-là ! Non pas que les plus belles filles du monde ne puissent naître de toute espèce de gens. J'en ai connu... et vous aussi, n'est-ce pas ? Physiologiquement, l'être le plus laid peut produire l'être le plus beau. Mais elle ! entre elle et eux, il y avait l'abîme d'une race... » (p.27). En plus d’être une fille qui ne tient pas de ses parents, Albertine est aussi un être « hétéroclite » tant les traits de caractère qui la composent s’opposent. Cette caractéristique la rend vraiment singulière : « on ne pouvait la remarquer que pour l'air qu'elle avait, et qui était singulier dans une jeune fille aussi jeune qu'elle, car c'était une espèce d'air impassible, très difficile à caractériser » (p.27). Cette jeune femme est entourée de mystère. Elle semble dominer et contrôler passions et émotions. Elle devient la voisine de Brassard et une liaison est vite arrivée. Dans cette relation, c’est Albertine qui dirige d’une main de fer, c’est elle qui mène la danse. Elle incarne la virilité, la force, l’engagement tandis que Brassard représente la fragilité. Pouvait-il en être autrement ? C’est peu probable. Une jeune femme aussi particulière ne pouvait que s’épanouir dans une relation aux rôles inversés.

Inscrivez-vous pour continuer à lire Mlle Albertine >

Dissertation à propos de Les Diaboliques