Mon enfance en Allemagne nazie

par

Résumé

Chapitre
Un, 1926-1939, Les Dereck

 

Margarete Dereck, surnommée Grete, est une
belle jeune femme que ses parents, d’un milieu populaire, ont destinée à la
couture plutôt qu’à la musique. Dans le cadre de ses activités militantes au
parti social-démocrate, elle rencontre Ernst Koehn, de onze ans son aîné, fils
d’Oma Koehn, née juive mais non pratiquante. Ils bâtissent une maison ensemble à
Waidmannslust, un quartier tranquille de Berlin et en 1929, Ilse Margarete
Koehn naît de leur union.

En parallèle de cette histoire personnelle
commence à être tracée la montée d’Hitler au pouvoir, après la création de son
parti en 1920 et son élection en 1933 comme chancelier. Dès lors des lois sont
promulguées contre les Juifs, des autodafés des livres « non
allemands » décidés.

Ilse se souvient d’une vie douce, évoque le
magnifique jardin de leur maison. D’un bon caractère, elle ne s’offense pas
d’être surnommée « païenne » par ses camarades luthériennes et
catholiques, ses parents à elle étant dissidents, c’est-à-dire sans religion.

En 1935, les « lois de Nuremberg »
sont décrétées, dont celle pour la Protection du Sang allemand, qui aura une
grande influence sur la vie de la fillette : Ilse devient en effet une
« Mischling (métisse) second degré », sa grand-mère étant juive. En
1936, Hitler décide l’occupation de la zone libre de la Rhénanie ;
l’Europe semble ne pas comprendre l’imminence du danger. Ilse comprend que
quelque chose ne va pas car la grand-mère Dereck semble manigancer quelque
chose avec la mère d’Ilse, qu’elle fait pleurer.

 

Chapitre
Deux, 1937, Séparation

 

Un grand changement se prépare pour Ilse, qui
a 8 ans : sa mère, souffrant de dépression, se trouve dans un sanatorium.
On place deux jours Ilse chez des amis de la famille, puis elle se retrouve
chez Oma, sa grand-mère paternelle de 78 ans. Ses parents ont pris de la
distance avec elle, ne répondent plus à ses questions comme avant.

Ilse décrit sa vie tranquille avec Oma et son
père, appelé Vati (de Vater,
« père » en allemand). Quand Mutti (de Mutter, « mère » en allemand) sort du sanatorium, c’est
pour s’installer chez les Dereck, ses parents, à Lübars, qui l’ont convaincue
de divorcer de son mari. Ilse ne la verra désormais que les weekends. On
n’explique pas les raisons exactes de ce choix à la fillette, qui pleure
lorsqu’elle l’apprend.

Une « jeunesse hitlérienne »
apparaît, fait la quête, pour acheter des armes et faire la guerre, dit Vati,
furieux. Ilse commence à connaître l’ennui et la solitude, Oma et Vati n’étant
pas toujours disponibles pour elle. Elle capte autour d’elle des propos
empreints de gravité, notamment le mot « Borgermoor », qui désigne un
camp de concentration ou a été envoyé le fils d’une famille amie.

Chez les Dereck, Ilse subit également des
déconvenues : Alma ou Grossmutter (la grand-mère Dereck) fait travailler
Grete, la mère d’Ilse, d’arrache-pied. Quant à Grossvater (grand-père Dereck),
c’est un homme bourru qui n’a jamais un mot gentil pour sa petite-fille. Ilse
fait tout pour ne pas déranger et tente d’apaiser sa mère qui n’a que peu de
temps pour elle.

Chez Oma et Vati, on chante l’Internationale entre amis, on parle de
se préparer contre des dangers menaçants. On reçoit la visite d’assistances
sociales qui fouillent sans délicatesse l’appartement et Ilse apprend que les
grands-parents Dereck ont fait une demande à l’État pour sa garde. Elle doit
aller vivre à Lübars.

 

Chapitre
Trois, 1938, Lübars

 

Alors qu’Oma est une femme raffinée qui prend
grand soin de son intérieur, Ilse se trouve confrontée chez les Dereck à une
maison laide et sans livres. On fait travailler la fillette sans arrêt, et elle
n’a pas d’amis dans le coin,.

On apprend qu’Hitler a envahi l’Autriche. À
l’épicerie de Martha, la sœur de Grossvater, Ilse observe les femmes parler de
cartes de rationnement, de surveillants d’immeuble et de quartier particulièrement
intrusifs. Des « Heil Hitler ! » ironiques se font entendre.

 

Chapitre
Quatre, 1939, Le lycée

 

La Tchécoslovaquie a été envahie par l’Allemagne.
Vati fait inscrire Ilse dans un lycée où l’on accepte qu’une fille d’ouvrier
poursuive des études, mais où l’on est contraint de demander à son père si lui
ou sa femme a des origines juives.

Puis Ilse parle de ses professeurs, notamment
du Dr Lauenstein, qui leur apprend certes la philosophie du Führer « Sang
et Terre », mais fait aussi rêver ses élèves avec Gœthe.

Septembre 1939, après l’invasion de la
Pologne, l’Allemagne se retrouve en guerre avec la Grande-Bretagne et la
France. Un effort de guerre commence pour lequel les enfants sont aussi
sollicités : il faut ramasser des vêtements, vendre des bougies. Toute la
famille d’Ilse est fermement opposée à Hitler, qui mène selon eux l’Allemagne
au désastre. Vati est l’une des rares personnes à ne pas porter d’uniforme.

Ilse sent que sa famille est différente, mais
Oma ne veut pas lui expliquer pourquoi. La vieille dame doit endurer
l’humiliante visite d’un surveillant d’immeuble. Comme ses confrères, il
prétexte que son inspection et ses questions indiscrètes ont pour objet la
réunion d’informations en cas d’incendie – mais qu’a à voir sa religion avec un
incendie, remarque-t-elle…

 

Chapitre
Cinq, 1940, La jeunesse hitlérienne et les bombes

 

Ilse est convoquée à une réunion des jeunesses
hitlériennes, ce qui met en fureur Vati, pour qui les nazis sont des porcs. Il
met en garde sa fille contre la philosophie qu’on voudra indirectement lui
enseigner. À la réunion, où Ilse se perçoit très différente, et pour tout dire
au-dessus des autres fillettes, elle est choisie pour apporter une lettre au
quartier de la jeunesse hitlérienne où, surprenant deux jeunes gens sortant
clairement d’ébats sexuels, elle commence à entrevoir l’hypocrisie qui règne
dans les rangs nazies : on diffuse en effet une philosophie que les gradés
n’appliquent pas forcément. Ilse observe les rites des Jeunesses hitlériennes
comme une mascarade à laquelle elle se refuse de participer.

Les armées allemandes progressent en Europe ; en
juin, la France capitule. L’euphorie règne mais pas chez Ilse, où l’on qualifie
la propagande hitlérienne de cochonnerie. De premières bombes, objets de
fascination, commencent à tomber.

 

Chapitre
Six, 1941, Le premier camp

 

Dans le cadre du Kinderlandverschickung (l’Évacuation des
Enfants), Ilse est envoyée dans un camp pour enfants en Tchécoslovaquie, même
si on a prétendu que c’était en Prusse orientale. Les jeunes filles se
retrouvent sous la coupe de Rita et Hilde, responsables de la jeunesse
hitlérienne. Alors que celles-là écrivent à leurs parents, celles-ci les
poussent à reprendre leurs lettres qui ne devront contenir que des choses
positives. Elles distillent en outre aux jeunes filles la philosophie nazie,
s’attachent à leur transmettre une nouvelle conception de l’ordre et de la propreté.
Confrontées à l’animosité de la population locale (des tirs se font entendre alors
qu’elles se promènent dans les bois), les jeunes filles se retrouvent confinées
dans le camp. Face aux terribles morsures de puces, elles n’ont que du
dentifrice pour apaiser les démangeaisons. Au lieu de cours en bonne et due
forme, on fait apprendre à ces enfants de mièvres airs populaires. Puis ce sont
les poux, les chants de la jeunesse hitlérienne, et la lecture de Mein Kampf. Ilse se réfugie dans son
imaginaire et heureusement, elle s’entend bien avec ses trois amies de la
« chambre 18 ».

Un jeune docteur, qui n’a fait que deux semestres de
médecine et connaît de nombreux tours, illumine le quotidien des jeunes filles,
trouvant des attentions pour chacune. Mais un nouveau docteur envoie une partie
d’entre elles dans un hôpital pragois, sous prétexte de fièvre scarlatine. Là,
Ilse et ses camarades seront traitées comme des animaux, pire même : elles
comptent les cafards qui se baladent dans les assiettes qu’on leur donne, le
personnel soignant leur oppose un silence glacial, on laisse pourrir dans un
coin les paquets pleins de gâteaux que leur envoient leurs parents.

 

Chapitre
Sept, 1941-1942, Berlin

 

Ilse retrouve sa mère, éplorée, à Berlin. Non seulement
celle-ci culpabilise d’avoir laissé partir sa fille, mais encore elle a oublié
dans un train un accordéon neuf offert par Vati. Mutti, comme toute personne
valide, est désormais obligée de travailler à l’extérieur ; elle a choisi
les chemins de fer où elle vend des billets de train.

Même si Mutti a pensé à lui offrir des cadeaux à son
retour, Ilse ne trouve finalement pas de place pour elle chez les Dereck –
« Ils n’ont pas besoin de moi ! ». Elle retrouve ensuite son
père, qui lui donne le surnom de hérisson : la jeune fille doit apprendre
à se défendre seule, se faire quelques piquants, lui dit-il. Il ne lui épargne
d’ailleurs rien des détails de la guerre et ne l’aide pas à se sentir en
sécurité, au contraire : tout lieu est dangereux, même ici, chez Oma, où à
nouveau, Ilse ne se sent plus chez elle ; en effet, personne n’a le temps
de s’occuper d’elle.

Ilse retrouve son école, en partie colonisée par des
soldats. Mais les amies de la « chambre 18 » apparaissent toujours
aussi soudées par les épreuves traversées ensemble.

À l’hiver 1941, Japon et Allemagne sont désormais en
guerre contre les États-Unis. Les troupes d’Hitler s’étendent comme une maladie,
jusqu’en Afrique du Nord et en Russie. Ilse décrit le quotidien chez les Derek,
où l’on ne gâche rien, où l’on anticipe de mauvais jours. En revanche, chez
Oma, si un certain standing est maintenu, l’on mange moins. Toutefois, même
chez les Derek, Ilse souffre du froid. On commence en outre à construire des
abris. En plus de leur cave, pourtant grande, Grossvater a décidé d’en
construire un.

Chez Oma et Vati, Ilse écoute la BBC, mais il ne faut en
parler à personne, sous peine d’être taxés d’ennemis intérieurs ! On y entend rapportées fidèlement des
nouvelles que déforme la radio allemande, sous le joug de Goebbels, le ministre
de la Propagande : les troupes allemandes reculent en Russie comme en
Afrique du Nord.

Désormais, les bombardements sont quasi quotidiens :
chez les Derek, on passe la moitié des nuits à la cave. Et au bruit des bombes
s’ajoute celui des batteries antiaériennes. Les conversations tournent
désormais autour des lieux bombardés et d’histoires de survivances miraculeuses.

 

Chapitre
Huit, 1942, Camp numéro deux

 

Ilse doit participer à l’effort de guerre en partant aider
aux moissons sur une île de la Baltique, où elle pense naïvement qu’elle
profitera de la plage. La jeune fille de 13 ans y vivra un quotidien épuisant,
entre les corvées de tri de pommes de terre pourries, des repas peu ragoûtants
et divers travaux. Comme si cela ne suffisait pas, un jeune dentiste « qui
se fait les dents » lui brise plusieurs molaires. Après cet épisode Ilse
reste prostrée toute la journée, sa robe préférée tachée de sang. Avec son amie
Uschi, elle complote pour envoyer des lettres à leurs parents afin qu’ils
viennent sauver les fillettes en prétextant un cas de « force majeure ».
Et c’est ce que Mutti, par bonheur, parvient à faire !

 

Chapitre
Neuf, 1942, Berlin

 

Le sud de Berlin ayant été durement touché, Ilse doit
aller, en uniforme des jeunesses hitlériennes, porter secours aux populations.
Elle beurre des tartines à la chaîne, sert la soupe, et entre une alerte où
elle se retrouve tassée dans une cave et toutes les tâches qu’on lui attribue,
elle finit par perdre toute notion du temps, jusqu’à ce qu’un jeune homme
réalise qu’elle est là depuis vingt-six heures et la renvoie chez elle.

Ilse parle d’un quotidien fait de files d’attente
interminables dans les commerces et d’alertes qui épuisent les corps, rendent
les gens nerveux. On évacue les écoles de Berlin. Ilse est envoyée avec ses
camarades dans un petit village tchèque.

 

Chapitre
Dix, 1942-1944, Camp numéro trois

 

Cette fois, Ilse, avec ses camarades, est hébergée dans un
confortable hôtel. Elle se retrouve cependant dans une chambre avec Sigrun, une
fillette « super-nazie » ; c’est ainsi que sont qualifiés les
partisans d’Hitler par elle et ses amies, Hanni et Ruth, dans la chambre d’à
côté. Malgré le cadre idyllique et l’air parfumé de pin, les fillettes, se
sentant prisonnières, dépriment. Un combat commence à se faire jour entre Irène
et Helga, responsables des jeunesses hitlériennes, et Frau Dr Pfaffenberger, surnommée
Pfaffi, une femme habile qui va finir par régner sur le camp en faisant figure
de substitut de mère autoritaire pour les jeunes filles.

Lors d’une inspection, alors qu’on relève de nombreux
manquements dans sa chambre, Ilse se sent fortement honteuse. Elle parle d’un
quotidien fait de larmes, contagieuses parmi ses camarades qui en lâchent par
vague. Le Mummel, rivière proche de l’hôtel, est une source de réconfort, comme
la prairie et les divers jeux qu’elle offre ; et puis, Helga et Irène se
sont adoucies. On parle fréquemment des bombardements de Berlin, puis la première
tempête de l’hiver survient. Le quotidien est stimulé par une compétition de
décoration des chambres, que remportent Ilse et Sigrun, qui se retrouvent
préposées au courrier pour trois mois, ce qui constitue un véritable privilège,
mais dont elles décident de ne pas abuser auprès de leurs camarades qui veulent
les corrompre.

La neige étant tombée, les jeunes filles acquièrent des
skis, indispensables pour se déplacer, ainsi qu’une certaine aisance dans l’art
de la glisse. À Noël, malgré les festivités, la tristesse plane sur le camp.

En janvier 1943, la bataille de Stalingrad est perdue,
puis Tripoli tombe aux mains des Alliés. Les nouvelles concernant la mort d’un
proche viennent frapper le quotidien des jeunes filles. En mars, Ilse apprend
la mort d’Oma après sa déportation dans un camp. La vieille femme de 84 ans est
partie dignement de chez elle, emportée par des SS en pleine nuit, après avoir
rassuré Vati.

Avec Helga et quelques camarades, Ilse vit une aventure
incroyable : une randonnée jusqu’à la plus haute crête du coin, une
tempête de neige avant l’arrivée au refuge, puis une descente quasiment à
l’aveugle contre l’avis des villageois. À côté, la corvée d’épluchage de pommes
de terre, en présence d’amies, qu’on leur attribue comme punition, leur paraît
bien douce.

En mai 1943, l’Afrique est perdue pour l’Allemagne, puis
les Alliés envahissent l’Italie en septembre. Ilse parle de l’ennui qui s’est
installé dans le camp, avant qu’elle n’ait l’idée de concevoir un journal, Le Mummel, qui se partagera entre
nouvelles, caricatures, cancans et petites annonces. Avec Sigrun, Ilse se voit
exemptée de travaux par Pfaffi, ravie de l’initiative. Autre joie, Erika, la
nouvelle Lagermannschaftsführer, responsable de tous les camps du coin, s’avère
être un vrai soleil et commence à apprendre consciencieusement l’art choral aux
jeunes filles.

À la fin de 1943, les troupes allemandes continuent de
reculer, abandonnent Kiev, et après un Noël sans bruit, en 1944, commence la cinquième
année de guerre. Au printemps, les Alliés commencent à bombarder Berlin de
jour. En mai, Mutti est là ! Elle peut passer quelques heures avec sa
fille grâce à ses congés. En juin, les Alliés sont à Rome, puis en juin, c’est
le débarquement en France. Puis Ilse reçoit la visite de Vati, qui lui fait
promettre de ne jamais devenir chef au sein des Jeunesse hitlériennes, alors
qu’elle l’est déjà officieusement. En août, sans qu’Ilse le sache, son père est
arrêté en tant que Mischling premier degré et envoyé dans un camp de travail.
Les Alliés arrivent à Paris.

Sigrun et Ilse sont sollicitées pour aider les paysans du
coin aux foins. Une vieille dame leur apprend la difficile et épuisante tâche,
mais, grande consolation, elle prépare chaque jour un verre de lait frais à
l’arrivée des jeunes filles puis un succulent goûter.

Après avoir organisé une baignade près d’une cascade
d’eau, Ilse se voit relevée de toutes ses responsabilités, ce qui est un grand
bonheur pour elle, qu’elle doit dissimuler. Mais Ilse est trop douée pour ne
pas être remarquée et l’on finit par l’envoyer dans un camp de formation des
chefs. Là, elle va vivre une période idyllique auprès de jeunes femmes
intelligentes et mélomanes, entre des ateliers de fabrication de jouet, des
récitations de poème et des exercices de concentration. Ilse, jugée la
meilleure du groupe, parvient cependant à avouer qu’elle ne souhaite pas
devenir chef ; une astuce est trouvée : on la proposera pour
continuer sa formation, et qui sait quand cela sera…

À sa tristesse de quitter ses nouvelles amies, s’ajoute le
constat que le front se rapproche ; partout où Ilse passe les visages sont
gris. En octobre, les Alliés sont sur le sol allemand. Les jeunes filles ne
vont plus skier : on leur a tiré dessus. Elles complotent pour s’enfuir à
tour de rôle, avant que les Russes, peints de la plus horrible façon par la
propagande, n’arrivent. Vati vient chercher Ilse et fait des pieds et des mains
pour obtenir l’autorisation de la retirer du camp, sans y parvenir. Après
plusieurs péripéties et une mémorable course dans la neige, ils montent au
dernier moment dans le dernier train capable de les ramener chez eux, et ce
grâce à l’énergie d’Ilse qui parvient à remotiver toujours son père. À son
retour, l’exécution de celui-ci, spécialiste du raccordement des câbles à haute
tension, et par là indispensable à l’effort de guerre, est prévue mais sera toujours
remise.

 

Chapitre
Onze, 1944-1945, Berlin

 

C’est seule qu’Ilse arrive à Berlin, où elle retrouve sa
mère au guichet de la gare où elle travaille. Il y a du changement chez les Dereck :
on a obtenu l’autorisation d’engraisser un cochon, baptisé Jolanthe, dont le
voisinage se fait des gorges chaudes.

Ilse fait la connaissance d’Eberhard, son jeune voisin,
dont le père a juré qu’il préférait tuer sa famille avant l’arrivée des Russes.
La jeune fille découvre en lui un jeune homme sensible et un ami. Mais un
quotidien fait de bombardements reprend aussi pour elle ; les nuits sont
courtes. Les transports en commun sont en outre bondés, et Ilse, à l’école,
doit faire face à un grand retard à rattraper. En classe, on s’assied où l’on
peut, et l’on parle en connaisseurs des modèles d’avions qui ont frappé dans la
nuit.

Eberhard présente à Ilse la radio qu’il a fabriquée avec
son père, moins performante que celle de Vati, mais il lui explique comment
anticiper de beaucoup les raids aériens grâce à elle.

Bien que les cartes de rationnement ne servent plus à
grand chose, tant les magasins sont vides, on ne manque de rien chez les Dereck.
Ilse a simplement froid. Grossvater est en revanche contraint d’aller
travailler pour une imprimerie. Ilse use de son imaginaire pour supporter le
quotidien. Un jour, alors qu’elle va chercher de la nourriture pour Jolanthe,
elle manque mourir alors qu’elle fait face à immense raid aérien et trouve un
abri de fortune au dernier moment. Elle ressort de l’expérience terrorisée. Sur
le retour, elle voit les maisons brûler, des gens courir dans tous les
sens ; frôlant à nouveau la mort, elle se retrouve à un moment, sans s’en
rendre compte d’abord, perchée sur une mine qui n’a pas explosé. Mutti la
console, puis un peu plus tard, elle et Eberhard échangent leur premier baiser.
Ensuite, elle vit un autre raid avec des centaines de personnes entassées dans
un bunker.

Puis Ilse décrit à nouveau le quotidien de l’école, où
toutes les discussions tournent autour de la guerre et de détails techniques la
concernant. La classe 1929 est appelée, et donc certains de ses camarades de
classes, âgés de 16 ans. Cultivant le silence, Ilse ne découvre que maintenant
en Ruth une camarade ayant les mêmes opinions que sa famille, et sachant les
exprimer avec talent et hardiesse.

Lorsqu’on tue Jolanthe, les voisins défilent pour faire
remplir leurs bols de boudin. On vit gaiment un raid dans la cave des Dereck,
où l’on fait festin jusqu’à sept heures du matin.

À l’école, il n’y a plus vraiment de cours, seulement des
discussions et autres commérages. Ilse s’étonne que les transports fonctionnent
encore, alors qu’on commence à entendre le bruit du front. Lors d’un raid, la
maison des Dereck est frappée de bombes incendiaires, que l’on parvient à
évacuer à temps. Grossvater est entièrement mais peu gravement brûlé dans
l’aventure. On décide de casser le mur qui sépare la cave des Dereck de celle
des voisins Ruhl.

Mauvaise nouvelle, Berlin, au contraire de Rome, ne sera
pas déclarée ville ouverte. Le combat sera donc sans pitié jusqu’au cœur de
l’Allemagne. Les avions russes mitraillent régulièrement les environs, jusqu’au
jardin où Ilse et sa grand-mère plantent des pommes de terre pendant que la ville
est en feu. Puis c’est l’arrivée des tanks russes, qu’on voit approcher et
stationner à distance du village. Le dénouement de la guerre est imminent, mais
Grossmutter pousse chacun à se soucier du quotidien uniquement, comme elle.
Mutti, à propos de qui on s’inquiétait beaucoup, rentre finalement de son
travail et décrit le chaos qu’elle a connu à la gare avant de s’endormir
d’épuisement. Grossmutter prépare un bon repas, pensant que ce sera peut-être
le dernier.  On vit dès lors dans la peur
d’une mort imminente. Puis c’est vraiment l’arrivée des Russes, Lübars brûle,
et le père d’Eberhard tue sa famille. Ilse n’a pas le temps pour un deuil, tout
s’enchaîne. D’abord, la frénésie : on fraternise avec les Russes, qui ne
sont pas si terribles, finalement : la guerre est finie ! Mais c’est
en réalité un temps de pillages et de viols qui s’annonce, et Grossmutter
dissimule Mutti, Ilse et la fille des voisins dans une niche très réduite de la
cave, où elles resteront tassées plusieurs jours avant d’être transférées
au-dessus de la porcherie, dans un grenier à foin sans fenêtre où il faut
rester silencieuses et d’où l’on entend les Russes faire la fête et chanter.
Elles apprennent ensuite que Grossmutter a hébergé plus de trois cents Russes
sous son toit, qu’ils ont saccagé les lieux, mais elle et Grossvater sont vivants !
Le 22 mai, alors que les femmes se cachent depuis quatre semaines, c’est même
le retour de Vati, qui lui aussi a survécu ! Ce n’est qu’alors que la
guerre est vraiment finie pour Ilse.

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