Chronique d'une mort annoncée

par

Santiago Nasar

Santiago Nasar est un jeunehomme : « [il a] eu vingt-et-un ans la dernière semaine dejanvier ; il était svelte et pâle, avec les paupières arabes et lescheveux frisés de son père. » Il est le fils d’Ibrahim Nasar, un Arabeémigré en Amérique Latine, et de Placida Linero. La mort de son père l’acontraint à prendre en charge l’hacienda familiale. « Santiago Nasar étaitgai, pacifique, et, de surcroît, il était homme de cœur. » Il est fiancé àFlora Miguel. Riche, aimé, il a tout pour être heureux. Pourtant, il estvictime d’une dénonciation dont on doute qu’elle soit fondée : il estaccusé d’avoir pris la virginité d’une jeune femme qu’il n’apprécie pas dutout. Sans confrontation aucune, sans que ne lui soit posée la moindrequestion, il est assassiné, tué comme un animal, sous les yeux de toute unepopulation. Personne, ou presque, ne le prévient que deux assassinsl’attendent.

La scène de l’assassinat se passe devant sa maison, contre la porte quesa propre mère commet l’erreur fatale de bloquer. Il est percé de plusieurscoups de couteau par les jumeaux Vicario, frères de la mariée. Le jeune hommeétait-il coupable du crime dont l’a accusé Angela Vicario ? Rien n’estmoins sûr. Qu’il soit un amateur de femmes, c’est certain. Mais quand il donneson opinion sur Angela au narrateur, elle est sans équivoque : « Elleest maigre comme un hareng saur, ta conne de cousine. » Le doute persiste,mais la passivité, voire la complicité de toute une population qui forge sonopinion sans avoir un élément concret sur quoi se baser, sans entendre lecondamné, ôte toute chance de vivre à Santiago Nasar.

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