Chronique d'une mort annoncée

par

Un crime d’honneur collectif

Qui a tué Santiago Nasar ? Les frères Vicario, mais aussi toute une population. Certes, seuls les jumeaux ont directement porté la main sur le jeune homme, mais quand des dizaines de personnes savent que quelque chose de terrible va se passer et que ces personnes n'interviennent pas, elles semblent porter une part de responsabilité dans le drame.

         Certaines interviennent directement et encouragent les jumeaux Vicario dans leur entreprise. C'est le cas de leur mère, Pura Vicario. La coutume veut que ce crime contre l'honneur soit vengé, alors il faut venger. Pas question d'interroger, de réfléchir, de faire preuve de bon sens ni d’intelligence. Quand les « jumeaux revinrent à la maison un peu avant trois heures du matin, appelés d'urgence par leur mère », ils sont attendus pour réparer l'honneur. Dès le moment de la dénonciation, quand Angela en livrant le nom de Santiago Nasar « le cloua au mur, avec son adresse de chasseresse comme un papillon dont le destin était écrit depuis toujours », le destin du jeune homme est scellé. D'autres encore, comme la mère de Prudencia Cotes, la fiancée de Pablo Vicario, les encouragent : « L'honneur n'attend pas » leur dit-elle quand elle croise leur chemin. Prudencia Cotes elle-même pousse son fiancé à faire ce qui est attendu de lui. On observera que pas une seule personne ne met en doute ce qu'a déclaré Angela.

Inscrivez-vous pour continuer à lire Un crime d’honneur collectif >

Dissertation à propos de Chronique d'une mort annoncée