Electre

par

Egisthe: la voix de la raison d'État ?

Égistheest le frère d’Agamemnon, l’oncle d’Électre et d’Oreste, et l’amant deClytemnestre. Il est le régent d’Argos depuis qu’il a assassiné le roi.

         Dans le premier, Égisthe apparaît commeun personnage fourbe et égoïste. Il a choisi de marier Électre à un jardinier(homme qui est donc en dessous de la classe sociale de la jeune fille) pour sepréserver de son instinct vengeur. Sa morale d’un point de vue social estcontestable, car il est l’amant de Clytemnestre et d’Agathe, deux femmesmariées. Nous pouvons nous demander s’il a tué son frère par amour pourClytemnestre ou par simple soif de pouvoir.

         Dans le second acte, Égisthe changetotalement de dynamique après ce que le Mendiant appelle sa « révélation » :« Voilà ce qu’on m’a donné ce matin, à moi le jouisseur, le parasite, lefourbe : un pays où je me sens pur, fort, parfait, une patrie ; et cette patriedont j’étais prêt à fournir désormais l’esclave, dont tout à coup me voilà roi,je jure de vivre, de mourir, – entends-tu, juge, – mais de la sauver » (acteII, scène VII). Ainsi, alors qu’Égisthe est dorénavant capable de comprendrel’ampleur de ses fautes passées voire de faire preuve de repentance, il estimeen toute sincérité que la raison d’État prime sur la vengeance d’Électre faceaux envahisseurs corinthiens : « Et cette justice qui te fait brûlerta ville, condamner ta race, tu oses dire qu’elle est la justice des dieux »(acte II, scène VII). En fait, au moment même où la grâce divine fait de lui unhomme de devoir, l’ombre de la mort plane au-dessus de la tête du régent :un vautour guette. La question est alors de savoir quelle est la véritableraison d’État ? L’intérêt de la cité est-il la préservation de la vie desinnocents destinés à être massacrés par les envahisseurs ou bien l’absolutiondes crimes des dirigeants pour reconstruire une nouvelle cité basée sur lajustice ?

         Égisthe pose alors une questionéternelle : la vérité prévaut-elle sur les nécessités politiques ? Car,comme l’explique Égisthe à Électre : un peuple est « un immense corpsà régir, à nourrir », les réalités pratiques doivent peut-être parfoisprévaloir sur les idéaux.

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