Electre

par

Le président: justice humaine contre justice divine

Lesecond président du tribunal est un cousin éloigné du Jardinier et le marid’Agathe. C’est le représentant de la justice humaine.

         Au début de la pièce, il conseille au Jardinierde ne pas épouser Électre, sachant que celle-ci risque d’attirer malheur surles Théocathoclès. Il comprend qu’Électre est un danger pour la cité car lerespect de la justice des hommes est essentiel pour la cohésion du corpscivique : « Sur nos fautes, nos manques, nos crimes, sur la vérité,s’amasse journellement une triple couche de terre, qui étouffe leur pirevirulence : l’oubli, la mort, et la justice des hommes. Il est fou de nepas s’en remettre à eux. C’est horrible, un pays où, par la faute du redresseurde torts solitaire, on sent les fantômes, les tués en demi sommeil, où il n’y ajamais remise pour les défaillances et les parjures, où imminent toujours lerevenant et le vengeur. Quand le sommeil des coupables continue, après laprescription légale, à être plus agité que le sommeil des innocents, unesociété est bien compromise. À voir Électre je sens s’agiter en moi les fautesque j’ai commises au berceau ». La prescription légale, un procèséquitable ou encore la peine publique (plutôt que la vengeance) sont le terreaud’une société paisible. Si Égisthe s’oppose aux idéaux d’Électre quant à laréalité politique, le Président se présente initialement comme le représentantd’une justice humaine à l’opposé d’une justice absolue et intraitable, telleque conçue par Électre.

            Par la suite, le Président apprendque sa femme le trompe avec Égisthe et le déteste, et cherche au final lui-mêmesa propre vengeance contre le régent. Il prend alors le parti d’Électre. Lajustice humaine semble donc finir par se rallier à la justice divine.

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