La Nuit de Valognes

par

Angélique de Chiffreville

Appelée « la Petite », filleule de la Duchesse de Vaubricourt, Angélique de Chiffreville est âgée de vingt ans. Elle a été séduite par Don Juan, du moins c'est ce qu'elle en dit. La scène est différente : Don Juan a « le regard du loup », où le désir, est « comme de la haine ». Ni douceur ni romantisme dans ce qui ressemble plutôt à un viol : elle appelle à l'aide : « Mon Dieu... mon Dieu... », ce à quoi Don Juan répond : « Il s'en fout de toi, ton Dieu, et de moi, et de tout le monde. [...] Il agonise perpétuellement tandis que les peaux et intestins se frottent. C'est un charnier, ton Dieu, il pue, il pète d'impuissance. » Séduction ? Il n'y a là que violence. Pourtant, la jeune femme délaissée dépérit de langueur et souhaite mourir. « Il n'y a qu'à vingt ans qu'on est assez vivant pour vouloir mourir » déclare sa marraine, et elle condamne Don Juan à épouser Angélique, sous peine d'emprisonnement. Quand Don Juan accepte, Angélique se croit aimée de lui : « puisque Don Juan m'aime... » dit-elle ; « vous épouse... » corrige la Comtesse. Il faut que ce soit lui-même qui lui dise la vérité, qu’il ne l’aime pas, sans cruauté, se montrant même consolateur : « Mais ne pleure pas : j'essaierai... si c'est ce que tu veux. »

Le récit de la rencontre de Don Juan avec son propre frère, le Chevalier de Chiffreville, la plonge dans la réalité et le désespoir. En elle, c'est toujours le Chevalier que Don Juan aimera. Elle choisit de s'éloigner à jamais de Don Juan : « Je sais maintenant pourquoi vous m'épouseriez, et la raison en est trop...

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Dissertation à propos de La Nuit de Valognes